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Emmanuel Klett, directeur d’Agora Formations: « Réduire le délai de réaction du conducteur. »

Agora Formations a mis au point un autocar basculant pour former conducteurs et passagers aux situations d’urgence (cf. Bus&Car Connexion 1027). Ce car, dit pédagogique, permet notamment de réduire le temps de latence pendant lequel le conducteur, choqué ou paniqué, ne réagit pas. Le point avec Emmanuel Klett, dirigeant de la société.

Bus&Car Connexion: Quelle est l’origine du car pédagogique?

Emmanuel Klett: Le début du projet remonte à quatre ans, sachant que le développement a pris trois ans. L’ingénierie et la réalisation ont été effectuées en France, où nous avons travaillé avec le carrossier Mengel installée à Xertigny, dans les Vosges. L’autocar est un Navigo U, d’Otokar. Jusqu’à présent, le risque de basculement n’était évoqué que de manière théorique, c’est la première fois au monde qu’il est possible de le tester en condition réelle. Personne ne sait ce que cela fait d’être suspendu dans le vide avant de l’avoir testé.

BCC: À qui s’adresse cette formation?

E. K.: Nous avons déjà pu former une vingtaine de sociétés différentes, dont des gros groupes comme Keolis ou Transdev où nous restons de nombreux jours sur site. En général, ces formations s’adressent à des sociétés qui possèdent une trentaine de conducteurs, de manière à disposer de douze stagiaires pour la journée. Pour des sociétés plus petites, il est possible de se regrouper.

À ce jour, plus de 260 conducteurs de bus ou de car ont suivi la formation. Les transporteurs nous missionnent également très souvent dans un contexte de sensibilisation des jeunes au port de la ceinture de sécurité directement dans les cours de collèges. Depuis le mois de mars 2017, plus de 7 000 jeunes entre le CM2 et la 5e ont été « basculés » à bord de notre car pédagogique. De même, les services de secours sont friands de ce dispositif. À titre d’exemple, un SDIS de l’Est de la France a lancé une campagne de formation pour plus de 250 agents.

BCC: Comment se déroule la formation pour les conducteurs?

E. K.: Le module de base est la simulation du basculement. Les conducteurs, dûment attachés, vont basculer une dizaine de fois dans la journée, avec différents cas de figure, la difficulté augmentant au fil des exercices. Dans le dernier scénario, les stagiaires doivent également faire face à des flammes et à de la fumée, sachant que nous pouvons aussi diffuser une ambiance sonore qui simule des cris et des appels au secours. Des mannequins sont également placés dans le véhicule pour les évacuations. Nous dispensons aussi, en complément, une formation théorique et pratique anti-incendie et des cours de secourisme lors d’une journée complémentaire.

BCC: Comment bâtissez-vous vos scénarios pour les évacuations d’urgence?

E. K.: Nous exploitons les rapports du BEA-TT qui se révèlent très instructifs. Il apparaît notamment que les autocars qui sortent de la route terminent souvent sur le flanc, ce qui a été une source d’inspiration pour la conception du car pédagogique. Un cas nous a également interpellés. Lors d’un accident, un conducteur a été dépassé par les événements et a mis plus de six minutes avant d’appeler les pompiers. Six minutes, c’est énorme: certaines pathologies se sont aggravées dans cet intervalle. Nous décortiquons également d’autres rapports d’accidents. Le constat est souvent simple: le conducteur a toujours un milliard de choses à faire, et il ne sait pas forcément comment réagir. Nous lui apprenons à ouvrir les yeux et à hiérarchiser les priorités, qui ne seront pas toujours les mêmes en fonction des situations. Il existe un temps de latence entre l’accident et la prise de décision. Nous avons constaté que ce délai de réaction approche les 30 à 40 secondes au début de la formation, et qu’il descend à 10 ou 12 secondes à la fin de la journée.

BCC: Vous êtes actif dans le domaine de la formation pour autocaristes depuis 1999. Avez-vous constaté des évolutions positives en matière de prévention passive?

E. K.: Le port de la ceinture est bien évidemment une avancée majeure. Les constructeurs ont également travaillé sur la combustibilité des matériaux, que cela soit pour les revêtements de sol ou du plafond, les rideaux, le tissu ou la mousse des sièges. À l’avenir, on évoque l’installation d’extincteur fixe dans le compartiment moteur. Certains véhicules haut de gamme en disposent déjà, mais ce n’est pas encore le cas pour les véhicules scolaires.

BCC: Prévoyez-vous d’autres projets innovants?

E. K.: Chez Agora Formations, nous lancerons deux projets en 2018 qui ont également demandé plusieurs années de recherche, il est encore un peu tôt pour tout dévoiler. Rendez-vous l’année prochaine.

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