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Encore un tour?

Pour garder le cap en terme de fréquentation, les parcs d’attractions n’ont pas le choix: ils doivent séduire les visiteurs… pour les faire revenir. La "revisite" est la clé du succès et les sites français font tout pour l’encourager.

Passé l’effet de nouveauté, comment les parcs d’attractions arrivent-ils à renouveler l’intérêt des visiteurs? Pour fidéliser un public plutôt volage, mais en demande constante de nouvelles sensations, ils doivent redoubler d’efforts et d’imagination. L’objectif est d’insuffler régulièrement une nouvelle dynamique qui passe, logiquement, par le renouvellement des attractions mais aussi par des actions ciblées. Rien n’est laissé au hasard pour faire revenir les visiteurs.

L’expérience douloureuse du parc auvergnat

Lorsque Vulcania a ouvert ses portes en 2002, le public a été au rendez-vous. Pourtant, après l’effet de curiosité à l’ouverture, le parc a vu sa fréquentation chuter d’une année sur l’autre. Au bord de la fermeture en 2005, le site auvergnat a dû se remettre en question. Un état des lieux, un changement de direction et des suppressions de postes, ont donné une nouvelle dynamique. Le pari semble aujourd’hui gagné. “L’évolution vers un positionnement plus ludique, plus vivant et plus proche des attentes du public nous a permis de réaliser une belle saison 2007. La clientèle individuelle a progressé de 20 %, et les groupes affichent une hausse de 7 %”, nous expliquait lors du dernier MIT International François Heid, directeur commercial de Vulcania.

Des réaménagements et de nouvelles attractions sont venus enrichir les espaces d’exposition du site. “Avec ces travaux, c’est plus de 80 % de la scénographie du parc qui aura été renouvelée ces deux dernières années”, explique Jean Mallot, président de Vulcania. L’investissement s’est monté à 4,6 millions, portés par le conseil régional d’Auvergne, et un million pris en charge par l’État au titre du contrat de projets État-région 2007-2013. Le cas du parc auvergnat est l’exemple d’un échec parmi les plus douloureux dans l’univers des parcs français. Mais le redressement est honorable.

Première arme: les attractions

Les parcs d’attractions sont tous confrontés à cette nécessité de maintenir un flux constant de visiteurs, de les fidéliser et d’en attirer d’autres. La mise en place de nouvelles attractions constitue sans conteste la meilleure arme commerciale pour éveiller la curiosité. À chaque nouvelle saison, de nombreux parcs investissent pour susciter un regain d’intérêt des visiteurs . “Nous renouvelons chaque année l’offre du parc par deux à trois nouveautés, en réinvestissant plus de 15 % de notre chiffre d’affaires, explique Laurent Albert, directeur général du Puy-du-Fou, dont le taux de revisite affiche les 65 %. Parallèlement, nous améliorons l’existant pour l’adapter aux goûts fluctuants des visiteurs”.

La mise en place d’un nouveau spectacle sur le site coûte entre deux à trois millions d’euros, “L’Odyssée du Puy-du-Fou” présentée cette année aura, par exemple, nécessité un investissement de 2,7 millions d’euros. Au Futuroscope, 20 % du contenu est modifié chaque année, et 10 % du chiffre d’affaires est consacré au renouvellement.

Visiteur, que veux-tu?

L’autre arme des parcs d’attractions est l’enquête de satisfaction. Sur papier ou en direct, elle permet de mieux cibler les attentes des visiteurs. “Nous sommes constamment présents sur le terrain, et au hasard des rencontres avec le public, nous prenons note de ses remarques, explique Laëtitia Nespola, responsable commerciale de Nigloland, dont 90 % des visiteurs sont des fidèles. Nous avons ainsi ouvert une pizzeria qui, pour eux, manquait jusqu’alors à notre offre restauration”. Même démarche au Parc Astérix, qui a accueilli l’an passé 1,6 million de visiteurs dont un quart constitué par des groupes. Ils “réclamaient” plus d’ambiance et d’animations, ce sera chose faite cette année. “Interroger la clientèle est indispensable, ajoute Laurent Albert, ses réponses nous permettent de développer notre stratégie à court et moyen terme, et ainsi de pouvoir coller au plus près des besoins”. D’ailleurs, en créant cette année “la Légende de Martin”, c’est bien à une demande des visiteurs qu’a souhaité répondre le parc vendéen: celle d’une attraction plus spécifiquement destinée aux plus jeunes.

Créer des événements, profiter des anniversaires

Jouer sur l’événementiel est également un bon moyen de faire revenir le public. À Nigloland, les responsables n’ont pas hésité à prolonger la période d’ouverture du parc en proposant de célébrer Halloween. D’autres choisissent Noël, comme le Parc Astérix, qui s’est lancé pour la première fois dans l’aventure en décembre dernier, et renouvellera l’expérience cette année. Six millions d’euros ont été investis pour ouvrir à cette période, un investissement qui s’est révélé payant en terme de fréquentation, permettant au parc gaulois de sauver une mauvaise saison estivale.

On pourrait également citer le Puy-du-Fou. Ses nocturnes et le lancement il y a deux ans de la “Symphonie de Bethléem” à Noël drainent des milliers de visiteurs. Créer un sentiment d’urgence est aussi une stratégie qui paye. Il suffit de penser aux célébrations d’anniversaire.

Ainsi Disneyland Paris (15 ans cette année) prolonge ses offres jusqu’en mars 2009. À l’occasion du 30e anniversaire du Puy-du-Fou, des réductions sur les prix d’entrée à certaines périodes sont proposées.

Des offres et des forfaits

Le parc Nigloland met lui en place cette année une offre attractive. Laëtitia Nespola: “Nous proposons un tarif découverte 42 % moins cher pour séjourner dans l’hôtel du parc, et ce sur 67 dates préalablement définies”. Dans cette même veine, OK Corral n’hésite pas à inviter depuis deux ans 50 élèves des 3 200 établissements situés en région Paca, et ça marche! “Grâce à cette offre, nous accueillons 4 000 autres enfants payants”, annonce Frédéric Adragna, responsable des relations extérieures. Parallèlement, les parcs se lancent dans l’offre forfaitisée. “Nous avons conçu pour la première fois cette année une offre séjours d’un à plusieurs jours à destination des individuels et des groupes”, annonce Corinne Le Cam, directrice marketing du Parc Astérix, qui va développer son offre hôtelière afin de donner au site une image de véritable destination.

Finalement, conclut Dominique Hummel, président du directoire du Futuroscope, qui a enregistré l’an passé 60 % de revisiteurs, le meilleur vecteur de la revisite, c’est la visite. C’est la première expérience qui compte. Si le visiteur est satisfait, il reviendra. La problématique pour un parc est plutôt de trouver l’équilibre entre les produits à pérenniser, et ceux à renouveler”. Le changement donc, mais dans la continuité.

LE PROFIL DE LA CLIENTÈLE GROUPES

Sur les millions de visiteurs qui fréquentent chaque année les parcs d’attractions français, difficile de connaître précisément la part représentée par la clientèle groupes. Seule certitude: elle est plus faible que celle constituée par les individuels, et oscillerait autour de 30 % des visiteurs. Les parcs n’attirent pas de 7 à 77 ans, mais plutôt de 6 à 50 ans. Les seniors viennent individuellement, généralement pour accompagner leurs petits enfants. Ces groupes se partagent entre les scolaires (sorties de fin d’année, journées découverte en lien avec le programme dispensé, etc.), et les adultes issus de comités d’entreprise, d’associations, amicales ou autres clubs. Les premiers viennent plutôt en semaine, les seconds le week-end, et ce d’avril à juin, puis en septembre et octobre. Le produit parcs d’attractions est majoritairement consommé par cette clientèle dans le cadre d’une excursion d’une journée, parfois incluse dans un circuit plus vaste. Si les groupes scolaires sont systématiquement encadrés par des accompagnateurs pour des raisons de sécurité, les adultes, eux, se comportent en individuels, et arpentent les allées des parcs en toute liberté. "Certains apprécient toutefois de se retrouver tous ensemble pour le déjeuner, ou souhaitent un accompagnement tout au long du parcours, en particulier sur un site thématique", relèvent certains parcs, qui soulignent par ailleurs que cette clientèle groupes se maintient bon an mal an chaque année en terme de fréquentation. Certains parcs n’hésitent pas à la qualifier de "fidèle mais imprévisible".

Auteur

  • Catherine Mautalent
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