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Fort comme un haltérophile polonais

Auréolé de son titre d’autobus de l’année, l’Urbino 4 12 m venait en confiance, d’autant que la firme Solaris commence à percer en Allemagne. Séduisant et séducteur, il peut compter sur une chaîne cinématique impressionnante de puissance.

L’Urbino 4 12 m Electric venu à Bonn a déjà fait des présentations à Paris et Bruxelles. C’est donc presque une vieille connaissance. Malgré ses 9 700 km, il commençait à porter quelques stigmates de vieillissement précoce en termes de finition: de nombreux bruits de mobilier et des voussoirs venaient troubler la quiétude à bord. Quiétude toute relative, car le pont bimoteur ZF AVE 130 se révèle un peu plus bruyant que les architectures traditionnelles à moteur unique en nez de pont.

Le modèle reste, comme tous ses congénères à batteries en toiture, plus sensible au roulis que les versions diesel équivalentes. Les exploitants apprécieront, comme sur le VDL, la baie vitrée avant: le vitrage séparé entre girouette et pare-brise diminue les coûts des éventuels remplacements. De même, les petits patins viennent protéger les angles inférieurs des porte-à-faux avant lors des accostages aux trottoirs.

Solaris propose plusieurs chaînes de traction: Vossloh Kiepe, ZF, Medcom, voire Cegelec, avec ou sans recharge par induction ou pantographe. Ce dernier autorise jusqu’à 450 kW d’intensité en recharge contre 60 kW en filaire nocturne via prise Combo2. Rappelez-vous que lors de l’essai, la recharge s’est interrompue le premier soir, probablement en raison d’un souci d’alimentation sur la prise du chargeur.

L’atout batteries

En fonction des conditions d’exploitation (charge nocturne, ou biberonnage) Solaris propose deux types de batteries: lithium-fer-phosphate (de 80 à 240 kWh embarqués) ou lithium-oxyde de titanate (de 25 kW à 125 kWh embarqués).

La gamme à motorisation électrique à batterie comprend différentes longueurs, de l’Alpino de 8,9 m jusqu’à l’Urbino 4 de 18,75 m. Le modèle d’essai était limité à 70 passagers, mais avec un PTAC français à 19 t + 1 t on peut aller jusqu’à 83 personnes à bord. Le pantographe pénalise de 150 kg la charge utile.

L’ambiance intérieure est gaie et très lumineuse, l’équipementier Ster proposant des sièges et poignées de maintien traitées antibactériennes. La circulation à bord est très facile. Le confort et la stabilité sont bons, même si l’amortissement n’a pas la douceur du Bluebus 12 m.

Solaris proposera bientôt l’arme absolue de la mobilité électrique: le Trollino 4 IMC, un bus électrique bifilaire avec batteries qui permet la recharge en roulant via le captage sur lignes aériennes, tout en offrant une autonomie « sans fil » sur des portions d’itinéraire.

Fiche technique

Longueur: 12 m.

Largeur: 2,55 m.

Hauteur: 3,35 m (avec climatisation Spheros Citysphere).

Empattement: 5,88 m.

Capacité: 68 passagers (en 18 t de PTAC).

Masse en ordre de marche: NC.

Moteur: pont ZF AVE 130 bimoteur asynchrone intégré dans les moyeux, 2 x 120 kW, couple maximal en crête 11 000 Nm par moteur.

Batteries embarquées: 230 kWh lithium-fer-phosphate, chaudes à électrolyte liquide.

Liaisons au sol: essieu rigide (ZF RL 82 EC), pont portique AR (ZF AVE 130).

Freinage: de type coopératif à récupération d’énergie et pneumatique avec régulation ABS/EBS commandé au pied. Freins à disques AV et AR.

Au volant de l’Urbino 4

À Bonn, il a impressionné par la vigueur de ses accélérations et ses aptitudes en montée, proprement phénoménales. Le Solaris s’offre le luxe d’exploser les limites de vitesse urbaines en montée et de semer ses rivaux du jour (sauf peut-être le Sileo et l’Ebusco).

Le poste de conduite est avenant, spacieux et lumineux. Le tableau de bord optionnel exigera des conducteurs de conduire en gants blancs, tant il est sensible aux traces de doigts! En outre, les commandes tactiles ne réagissent pas toujours aussi vite que les boutons d’ouverture de porte traditionnels. Bref, une option tout à fait facultative qui offre seulement l’avantage de faciliter la lecture des menus de diagnostic.

La visibilité à bord de l’Urbino 4 est excellente, tant en vision directe qu’en rétrovision côté droit, mais le miroir côté gauche est pénalisé par des reflets dans la vitre conducteur. Le gabarit est facile à cerner. Le rayon de braquage n’appelle aucune critique ni éloge particuliers. Par contre, le filtrage de direction est excellent.

Malgré la surcharge pondérale, le comportement dynamique est excellent, même en courbes.

On regrette que la récupération d’énergie ne soit pilotée qu’au pied via la pédale de frein, et un levier de ralentisseur serait utile. Le freinage est puissant et très progressif. Seule appréhension: la fonction hill holder qui se coupe par temporisation après 3 secondes. Gare aux reculs intempestifs! Sur le plat, au lever de pied, il passe en roule libre. Déconcertant mais pertinent. On peut suggérer à Solaris un mode super-éco pour calmer les ardeurs des chauffeurs grisés par la conduite d’un autobus aussi surpuissant.

Auteur

  • Jean-Philippe Pastre
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