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Interview de Philippe Tabarot, vice-président de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur en charge de la sécurité, des transports et de la multimodalité: « Nos objectifs: harmoniser les tarifs et améliorer l’information voyageurs »

Bus&Car Connexion. La Région vient de reprendre la compétence sur les transports interurbains et scolaires. Comment cette évolution va-t-elle se traduire à moyen terme sur les contrats avec les transporteurs? Les petits autocaristes risquent-ils d’être lésés?

Philippe Tabarot. Dans le cadre de la Loi NOTRe, nous héritons de la compétence de six conseils départementaux sans incidence pour l’usager. Le transfert de compétences représente un budget de 175 millions d’euros en année pleine, dont 100 M€ dédiés aux transports interurbains et 75 M€ (43 %) affectés aux transports scolaires pour une flotte de 1 700 cars. La durée des marchés publics passés avec les autocaristes diffère selon les départements.

L’enjeu consiste désormais à harmoniser les tarifs, notamment dans le transport scolaire puisque les coûts varient dans les Alpes-Maritimes, les Hautes-Alpes, les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône. Les conditions de gratuité diffèrent également.

L’allotissement permet aux opérateurs de taille moyenne de se positionner. Notre stratégie consiste à favoriser les entreprises régionales dans le cadre du Métropolitain Business Act qui consiste à accompagner les PME pour accéder aux marchés publics.

BCC. La Région est chargée d’organiser l’intermodalité. Quel est votre calendrier pour harmoniser l’information des voyageurs?

P. T. 2018 sera une année marquante au niveau des Pass concernant les différentes métropoles. Nous assumons une nouvelle compétence avec la volonté d’assurer aux voyageurs une qualité de service et de mailler le territoire avec des modes complémentaires. Notre objectif consiste à émettre un titre de transport unique, à proposer des Pass multimodaux tout en développant l’achat en ligne et l’information voyageurs.

BCC. En février dernier, l’ancien président de Région, Christian Estrosi, lançait les Assises régionales des transports, un processus de consultation de six mois auprès des usagers du TER. Avez-vous avancé depuis?

P. T. Nous avons tenu 47 réunions, consulté plus de 3 000 personnes et reçu de très nombreuses contributions écrites des acteurs économiques, des usagers et des représentants de la mobilité durable. Six grandes réunions publiques se sont tenues et l’ensemble des travaux a été synthétisé dans un Livre blanc que nous présentons le 9 octobre 2017 à l’Hôtel de région. Nous n’avons pas attendu les Assises pour agir. Nous avons lancé une appli voyageurs, mis en place une garantie fiabilité avec un remboursement de 30 % si le TER a trop de retard. De plus, notre région est à la pointe s’agissant de la sécurité et de la sûreté.

La ministre des Transports, Élisabeth Borne, a réaffirmé avec les Assises nationales de la mobilité sa volonté d’améliorer les transports du quotidien. Certes, la ligne à grande vitesse arrive à Marseille mais n’ira pas jusqu’à Nice. C’est une grande frustration pour les Alpes-Maritimes. Dans les années 2000, les collectivités territoriales n’ont pas été en mesure de trouver un consensus. Nous avons trois challenges à relever: résorber les nœuds ferroviaires marseillais, toulonnais et niçois. Dès 2018, nous allons attaquer les travaux sur l’axe Aix-Marseille afin de proposer en 2022 un quatrième train par heure aux heures de pointes.

BCC. La Région a dénoncé son contrat avec la SNCF. Où en êtes-vous depuis?

P. T. Nous fonctionnons toujours dans le cadre d’obligations de service public. Nous ne voulons pas lâcher, dans l’intérêt du contribuable. Nous versons 300 M€ par an à la SNCF pour faire circuler 590 trains par jour or, bien souvent, 50 à 60 trains ne circulent pas.

Nous constatons depuis la dénonciation du contrat une légère amélioration du service régional. Nous voulons accélérer le processus d’ouverture à la concurrence et l’avons rappelé récemment à la ministre des Transports. J’insiste sur le fait qu’il s’agit bien d’une ouverture du marché à d’autres opérateurs, et non d’une privatisation.

Auteur

  • Nathalie Bureau Du Colombier
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