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La Corse se refait une beauté

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La Corse se refait une beauté

Crédit photo Gérard Tur

La SNCM refait surface en 2006 et récupère une partie des parts de marché perdues face à Corsica Ferries. En attendant que soit connu le nouveau délégataire de service public pour les liaisons au départ de Marseille…

L’année 2006 s’est achevée sur un paradoxe. Malgré les guerres économiques, médiatiques et juridiques que se sont livrées les trois compagnies desservant la Corse, la clientèle est restée fidèle à la destination. Sur le plan commercial, l’année restera en effet un bon cru pour la SNCM, Corsica Ferries et la CMN.

Le leader Corsica Ferries a gagné 80 000 passagers en 2006, pour arriver à 1,4 million de touristes et insulaires transportés (+ 6,7 %). Encore faut-il ajouter à ce chiffre les 707 000 passagers (+ 2,2 %) qui ont choisi Corsica Ferries pour rejoindre la Corse à partir d’un port italien. Malgré ces bons résultats, la compagnie italo-suisse perd des parts de marché en passant de 57 % à 54,9 %. Un résultat attendu puisqu’elle avait bénéficié en 2005 du long conflit social de la SNCM.

Le directeur de Corsica Ferries, Pierre Mattei, voit dans ces résultats “la confirmation de la pertinence du modèle de gestion low cost et le choix stratégique des Mega Express. Grâce à l’acquisition de deux nouveaux navires, nous continuons à augmenter notre offre. Nous poursuivons donc sans faille notre progression de premier transporteur sur la Corse: notre chiffre d’affaires est accru et, rappelons le, sans aucune subvention de délégation de service public, cette dernière étant mal adaptée, peu équitable et d’un coût trop élevé pour la collectivité corse”.

Corsica Ferries dispose en 2007 d’un million de places supplémentaires, essentiellement entre Toulon (2,88 millions de billets, soit + 32,4 %) et la Corse. L’armement italo-suisse avait déjà positionné un navire supplémentaire à Nice en 2006. Sa flotte en compte maintenant treize. En 2007, s’il remporte l’appel d’offres pour la desserte de la Corse au départ de Marseille, il desservira les trois lignes pour lesquelles il s’est porté candidat avec deux nouveaux Mega Express. En cas d’échec, il en positionnera un à Toulon et le second sur la Sardaigne. “Cette augmentation de nos capacités devrait nous permettre une croissance de 10 % en 2007, souligne Pierre Mattéi. La Corse est perçue comme une destination sûre, le niveau de qualité des prestations offertes sur l’île a augmenté, le nombre de touristes présent en Corse cet été devrait encore progresser”.

La SNCM revient en force sur Nice

Bonne année 2006 également pour la SNCM, qui rattrape une partie du terrain cédé à Corsica Ferries. La compagnie refuse curieusement de commenter son bilan 2006. Elle a pourtant progressé de 20 % sur le trafic Corse / continent, gagnant 2 % de parts de marché avec 950 000 passagers transportés. Délaissé en 2005, le port de Nice redevient une place importante pour la SNCM avec une progression de + 31 %.

2007 s’annonce sous de bons auspices avec déjà une hausse de 10 % sur les réservations. La compagnie appliquera à partir de juin une nouvelle tarification calquée sur les formules de early-booking déjà pratiquées par plusieurs croisiéristes: le client paiera d’autant moins cher qu’il réservera tôt, avec des réductions pouvant atteindre 50 %.

À partir d’avril, de nouvelles modalités de rémunération des ventes en agences seront aussi appliquées. Les plus actives conservent leurs taux de 8 % sur la Corse. En revanche, le taux de base est ramené à 5 % pour les autres, avec un système de rémunération en escalier en fonction du chiffre d’affaires réalisé.

Mais là n’est pas l’essentiel pour la SNCM. Tout risque de s’effondrer si elle n’obtient pas la délégation de service public entre Marseille et les six ports corses concernés. Elle devrait alors céder deux navires et licencier massivement. Avec pour conséquence, un nouveau conflit dur et un énième blocus de l’île de Beauté. Une éventualité peu probable, mais qui constitue, jusqu’au printemps 2007, une véritable épée de Damoclès (voir notre encadré page précédente.)

La CMN a franchi un cap

Troisième acteur sur le marché corse, la CMN a, pour la première fois, passé le cap du millier de traversées annuelles, avec 1 022 passages, contre 996 en 2005. Elle enregistre avec ses trois cargos mixtes une progression de 5,4 % du nombre de passagers transportés.

La CMN dessert trois ports: Bastia, Ajaccio et Propriano. Comme la SNCM, elle a revu la rémunération des agents de voyages à la baisse, avec des formules incitatives en fonction du chiffre d’affaires réalisé. Elle ne donne pas plus de précisions sur cette évolution, mais précise qu’à terme, elle disposera de sa propre billetterie alors que celle-ci est actuellement gérée par la SNCM.

Contacts

Corsica Ferries

http://www.corsicaferries.biz

Responsable commercial France:

Roland Ferrari

5 bis, rue Chanoine Leschi

20296 BASTIA

tél.: 04 95 32 90 90

Fax: 04 95 32 90 95

r.ferrari@corsicaferries.com

Responsable commercial en Corse:

Jean-Christophe Lucchesi,

tél.: 04 95 32 90 94

Fax: 04 95 32 90 95

jc.lucchesi@corsicaferries.com

France Nord:

François Lacommère,

tél.: 06 08 76 57 67

Fax: 04 95 32 90 95

commercial@corsicaferries.com

France Sud:

Lionel Balardelle,

tél.: 06 08 76 51 81

Fax: 04 95 32 90 95

commercial@corsicaferries.com

Contact groupes:

tél. 0825 095 095 (0,15 euro / min)

tél.: 04 95 32 92 03

Fax: 04 95 32 14 71

groupes@corsicaferries.com

CMN

http://www.cmn.fr

Marseille:

Nelly Chariou ou Brigitte Boyer Huynh,

tél.: 04 91 99 45 87

ou 04 91 99 45 86

Bastia:

Magali Tedeschi, Laetitia Cerruti, Caroline Millecam,

tél.: 04 95 55 25 55

Ajaccio:

Didier Rocca,

tél.: 04 95 11 01 14

SNCM

Centre de réservation professionnels

tél.: 08 10 00 20 20

La guerre continue

2006-2007 resteront comme deux années charnières, bonnes sur le plan commercial, mais extrêmement agitées. Une véritable guerre juridique et médiatique oppose CMN, SNCM et Corsica Ferries. Elle se joue sur trois plans: le contrôle de la CMN, l’appel d’offres de continuité territoriale et les conditions de recapitalisation puis de privatisation de la SNCM.

Sur le premier point, les tribunaux ont tranché: STEF-TFE conserve le contrôle de la CMN, que la SNCM lui contestait.

En revanche, alors que le dossier de la délégation de service public (DSP) pour la desserte de la Corse au départ de Marseille devait être initialement bouclé pour fin décembre 2006, personne n’est encore en mesure de dire quel sera le gagnant. La SNCM semblait l’avoir emporté seule fin 2006, mais le Conseil d’État saisi par Corsica Ferries et la CMN a exigé la rédaction par les trois armateurs de nouvelles offres. Cette fois, la CMN a renoncé à s’associer avec Corsica Ferries et a déposé une offre conjointe avec la SNCM pour toutes les lignes ouvertes. Corsica Ferries s’est positionné sur trois ports: Ajaccio, Propriano et Porto Vecchio. Au mieux, le vainqueur sera connu en avril. Corsica Ferries demande un report de la DSP à l’automne, car les réservations pour la Corse s’effectuent traditionnellement entre février et avril. Comment vendre des billets au départ de Marseille sans savoir qui effectuera les traversées? Les compagnies qui remporteront l’appel d’offres se partageront une enveloppe de continuité territoriale de 95 millions d’euros par an de 2007 à 2013.

Troisième source de conflit entre les trois compagnies, la privatisation de la SNCM, actuellement examinée par Bruxelles. La CMN et Corsica Ferries contestent les sommes versées par l’État à la SNCM pour remettre à flot la compagnie avant la cession à Veolia et Butler. "Nous avons envoyé nos critiques en 114 points, explique Pierre Mattéi, directeur de Corsica Ferries. L’État a, au total, versé à la SNCM plus de 281 millions d’euros. C’est complètement disproportionné. Cet argent doit notamment financer un plan social qui n’a jamais vu le jour. Ces fonds faussent la concurrence, car ils permettent à la SNCM de mettre en œuvre une stratégie commerciale agressive. Nous contestons très formellement le bien-fondé de ces versements et demandons que tout soit recalculé, puis que Bruxelles prenne des mesures à l’encontre de la SNCM pour limiter son offre et empêcher toute politique commerciale trop agressive". Même discours, ou presque, à la CMN, qui a demandé à la Commission européenne d’imposer à la SNCM de reverser plus de 98 millions d’euros, correspondant, d’après la CMN, à 50 % des aides apportées par l’État lors du renflouement de la compagnie maritime.

Auteur

  • Gérard Tur
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