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La Réunion veut changer d’échelle

Après avoir longtemps privilégié la route, les collectivités réunionnaises veulent promouvoir de nouvelles initiatives de transport par câble ou sur rail. Des projets de tram, de train et de téléphériques fleurissent autour de Saint-Denis.

La Réunion serait-elle en train d’effectuer sa révolution copernicienne? On pourrait le croire, à voir la foule de projets qui émergent depuis quelques mois. Longtemps focalisées sur les infrastructures routières, les collectivités locales poussent désormais plusieurs projets de transport guidé. Notamment un projet de train interurbain, de tramway et deux lignes de téléphérique, qui prennent forme depuis l’an dernier.

Si ces annonces aboutissent, elles vont assurément bouleverser les usages sur le territoire où, depuis plus d’un demi-siècle, les choix politiques se sont toujours portés sur la route. En particulier sur la route du littoral, liaison stratégique, qui relie les deux principaux bassins de population. Construite en pied de falaise dans les années 1960, puis élargie dans les années 1970, cette 2x2 voies a permis de fluidifier le trafic entre le chef-lieu, Saint-Denis, situé au nord et le littoral ouest, très apprécié des touristes. Mais l’ouvrage a également signé l’arrêt de mort, du « Ti Train », le réseau de chemin de fer, en service depuis 1882. Il n’existe donc, depuis 1976, plus aucune alternative à la route.

Le conseil régional a bien tenté de lancer la construction d’un tram-train pour désengorger la route du littoral, où le trafic ne cesse d’augmenter (environ 60 000 véhicules/jour). Mais le marché, attribué au groupement Tram’Tiss (Bouygues, Bombardier, Veolia) a été abandonné en 2010, suite à un changement de majorité.

La nouvelle équipe lui préférait la construction d’une « nouvelle route du littoral », moitié digue, moitié viaduc. L’ouvrage, encore en chantier, vise à sécuriser la liaison routière, régulièrement fermée à la circulation en cas d’intempéries, de houle ou d’éboulements; ces derniers ayant causé plusieurs dizaines de morts.

Or, la population ne cesse de croître. Tout comme les embouteillages. Coincés dans le trafic, les bus peinent à démontrer leur efficacité. Quant aux TCSP, ils sont peu portés politiquement, donc peu développés et confinés aux zones littorales. Autant de facteurs qui expliquent que la part modale des transports publics stagne actuellement à 5 %, le même niveau qu’en 1993. Mais les temps sont en train de changer. Conscientes du coma circulatoire qui guette, la plupart des collectivités commencent à remettre en question cette priorité donnée au « tout automobile ».

C’est tout particulièrement le cas dans le nord de l’île, à Saint-Denis, commune la plus peuplée du département, où émergent la plupart des projets. Depuis quelques mois, l’intercommunalité de la Cinor (Saint-Denis, Sainte-Marie et Sainte-Suzanne) et la Région, pourtant de bords politiques différents, prennent le soin d’afficher leur « union sacrée » sur les transports. Le conseil régional envisage ainsi de mutualiser les rails de son futur train interurbain, le Run Rail, avec le tramway urbain que la Cinor veut mettre en service dans Saint-Denis.

L’intercommunalité conduit, en parallèle, deux projets de téléphériques, destinés à fluidifier la desserte de ses pentes. Le chantier d’une première ligne devrait démarrer dans les tout prochains mois. Il reste, en revanche, à sécuriser le financement des autres projets, toujours en phase d’études. Compter 300 millions d’euros pour Run Rail et 400 millions pour le Tram nord.

Auteur

  • Guillaume Kempf
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