Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

La tentation de la reconnaissance faciale

La lutte contre le terrorisme va-t-elle faire le lit de la reconnaissance faciale dans les transports publics? C’est bien cette finalité que la présidente d’Île de France Mobilités (IDFM), Valérie Pécresse, met en avant pour prôner l’utilisation de cette technique de surveillance. Elle souhaite pouvoir « expérimenter sur les grandes gares franciliennes la reconnaissance faciale pour la recherche de terroristes recensés dans le fichier les personnes recherchées », réitérant une demande déjà exprimée. Comme garde-fou, l’élue régionale réclame en parallèle la création d’un « comité d’éthique » qui réunirait les services de l’État, les autorités organisatrices de transport les opérateurs et des personnalités, dans le but de calmer les réticences citoyennes.

En fait, IDFM y a déjà eu recours avec la RATP pendant trois mois, à la station Châtelet. Lors du déconfinement, la reconnaissance faciale a été testée pour le contrôle du port du masque, avec l’aide de la start-up française Datakalab, à laquelle la Ville de Nice a recouru en avril pour la même raison sur son réseau Palm. Pas de stockage de données, tout a été anonyme et conduit dans le respect des limites fixées par la CNIL, assurent les acteurs. Qu’en pense le Gouvernement? Le ministre des Transports, Jean-Baptiste Djebbari, y est « assez favorable ». « L’idée est d’utiliser l’intelligence artificielle » pour détecter « des comportements, pas des personnes », a-t-il insisté.

De la sécurité au ticketing

Au-delà du terrorisme, c’est pour assurer à terme la sécurité et le contrôle sur les réseaux qu’IDFM souhaite la reconnaissance faciale, la technologie devant suppléer ou épauler les moyens humains. Valérie Pécresse pointe comme argument le retrait par l’État des agents des réseaux, alors que, par ailleurs, la Suge, le GPSR ou le gardiennage privé n’ont pas encore obtenu les prérogatives prévues par la loi Savary de 2016. Celle-ci devait leur permettre d’accéder au fichier d’identité, le texte d’application étant bloqué au conseil d’État.

Dubaï a déjà franchi le pas et vient de mettre en place un système de reconnaissance faciale dans les transports en commun à des fins de « sécurité ». Quant à la Chine, où l’intelligence artificielle sert dans certaines zones au contrôle social, elle teste à Shenzhen l’usage de la reconnaissance faciale à des fins de paiement du métro. Le visage est scanné dans la station et le montant du ticket prélevé du compte bancaire du voyageur.

Auteur

  • Marc Fressoz
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format