Portée par un soutien croissant des pouvoirs publics, la filière hydrogène compte bien prendre sa place dans les solutions de mobilité décarbonée. « L’Europe a laissé passer sa chance dans les panneaux photovoltaïques, tente de rattraper le coup avec les batteries électriques mais peut encore devenir leader dans la mobilité hydrogène. Nous assistons à une montée en puissance des véhicules hydrogène et des stations », expliquait Fabio Ferrari, président du fabricant de piles à combustible Symbio et par ailleurs président adjoint de l’Afhypac (L’Association Française pour l’Hydrogène et les Piles à Combustible), à l’occasion du Salon Hyvolution, qui s’est tenu début février à Paris. Pour cette troisième édition, Hyvolution a indiqué avoir accueilli 100 exposants (contre 60 en 2018).
Outre de nombreux équipementiers et fabricants de stations, on notait la présence de Régions et collectivités locales, comme la Normandie, Bourgogne-Franche-Comté, l’Occitanie ou encore le département du Var. Les territoires montent au créneau pour mettre en place une filière de production locale destinée à servir une flotte de véhicules professionnels. « On assiste à une accélération au niveau économique du système hydrogène. Tous les acteurs se positionnent et les projets se structurent du côté des industriels comme des acteurs de la mobilité », souligne Valérie Bouillon-Delporte, responsable Stratégie Hydrogène chez Michelin et vice-présidente de l’Afhypac. Elle souligne que fin 2019, plus de 220 commandes de bus à hydrogène étaient enregistrées en France, l’objectif visé étant de 1 000 bus d’ici à 2024. Une ambition qui permettra peut-être de faire baisser le prix des véhicules. Car pour l’instant, les collectivités doivent au moins débourser le triple par rapport à un équivalent Euro 6. L’avenir de la filière industrielle hydrogène a un coût, qui la place hors de portée de la plupart des transporteurs. Et qui pourrait bien freiner son essor, alors que l’argent public pourrait manquer après la crise du Covid-19.
