Trois mois après l’entrée en vigueur des forfaits de post-stationnement (FPS), quel est le premier bilan d’une mesure présentée comme un outil déterminant des politiques de mobilité? Entre polémiques sur le principe et soupçons de bidouillage pesant sur certains délégataires, les premières constatations sont mitigées… Toutefois, la dynamique est lancée, et les développements se poursuivent.
La disparition de l’amende de 1re classe pour défaut de paiement de stationnement en voirie est effective depuis le 1er janvier. Depuis cette date, rien n’a changé pour les automobilistes habitués à régler leur parking. Pour les autres, en revanche, les conséquences peuvent être plus lourdes. Les mauvais payeurs ou les étourdis peuvent se voir demander un forfait de post-stationnement (FPS) équivalent à toute une journée de parking sur voirie. Premiers résultats: la recette augmente (10 % à Strasbourg), les places sont plus nombreuses en surface dans les grandes villes, et se garer devient donc plus facile. Les gestionnaires de parkings en voirie, qui ont enregistré une augmentation des demandes d’abonnements, constatent également une baisse de fréquentation de leurs parcs.
En dépit des péripéties rencontrées par Indigo à Paris dans la mise en œuvre des contrôles, les choses se passent bien de façon générale. Et les protestations scandalisées entendues de la part d’automobilistes pas toujours de très bonne foi se sont calmées. Reste à savoir si les ressources escomptées pour financer de nouvelles solutions de mobilité seront au rendez-vous. Selon le Groupement des autorités responsables de transport (Gart), chez l’ensemble de nos voisins européens qui ont adopté ce type de mesure, le paiement spontané du stationnement a augmenté pour atteindre 80 à 90 %. Le trafic en centre-ville y est devenu plus fluide, et l’attractivité des commerces en a été renforcée.
Ce qui est plus concret, dès maintenant, c’est la prise de conscience de la valeur de l’espace public. Et de la nécessité d’en faire payer l’occupation. Ainsi, à Vincennes et Charenton, dans le Val-de-Marne, le stationnement est devenu payant y compris pour les deux-roues motorisés. La mesure, effective dès le mois d’avril, fera l’objet dans un premier temps d’une application pédagogique. Mais dès le mois de mai, les scooters et motos en défaut de paiement seront sanctionnés par un FPS. Du côté de la Ville de Paris, la réflexion serait en cours.
D’autres villes, comme Dijon, ont fait le choix d’articuler l’ensemble de leur politique de mobilité, en confiant à un seul délégataire la gestion des transports publics et celle du stationnement. Keolis exploite depuis le 1er janvier 2017 ce premier contrat de « mobilité globale » en France, qui comprend, outre deux lignes de tram, un réseau de 18 lignes de bus, 3 500 places de stationnement en ouvrage et 4 500 places en voirie. D’ici la fin de l’année, il sera même possible d’y régler son stationnement, son ticket de tram ou de bus avec une carte bancaire sans contact.
