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Câble.

Le téléphérique érige ses pylones

Toulouse est en train de se doter du plus grand téléphérique urbain de France. téléo, c’est son nom, survolera la Garonne et des coteaux sur 3 km pour fluidifier le sud toulousain. Les cinq pylônes sont en cours d’implantation.

En arrivant au pied du pylône érigé à la station Paul Sabatier, le président de Tisséo Collectivités, autorité organisatrice des transports dans la métropole toulousaine, affiche un sourire satisfait: « Ces pylônes sont extrêmement élégants, avec une griffe au sommet, indique-t-il. En milieu urbain on ne peut pas se satisfaire de poteaux ordinaires, il faut que ce soit des sculptures. » Aussi l’accent avait été mis sur le design de Téléo, qui va devenir le plus grand téléphérique urbain de France: 3 km pour rallier le campus de cancérologie de Toulouse appelé Oncopole à l’université Paul Sabatier où passe la ligne B du métro. Au milieu, tout en haut de la colline, l’hôpital de Rangueil sera desservi.

Soit trois arrêts reliés en 10 minutes au lieu de 30 minutes par la route qui traverse la Garonne plus haut, au bout de l’île du Ramier, et contourne actuellement les coteaux verdoyants de Pech-David. Le téléphérique s’en affranchira en les survolant. « Nous étions soit sur des solutions par contournement avec des temps de parcours très longs, soit sur des solutions très lourdes de tunnels, de viaduc, donc plus coûteuses et très impactantes, rappelle Vincent Conan, chef de projet Tisséo Ingénierie. Le câble est le mode de transport le plus pertinent pour relier les grands équipements publics que sont l’hôpital de Rangueil et l’Oncopole au réseau lourd de transport et au campus universitaire. »

Technologie 3S

Entre le premier pylône à côté de l’Oncopole (le plus haut de tous, qui culminera à 70 m) et le deuxième, de l’autre côté du fleuve et de la réserve naturelle régionale Confluence Garonne-Ariège, il n’y a pas moins d’un kilomètre. Une portée rendue possible par la technologie 3S: « La plus performante en matière de téléphérique, car il y a trois câbles, dont deux porteurs sur lesquels viennent rouler les cabines, qui sont tirées par le 3e câble », explique Vincent Conan. La technique permet un nombre limité de pylônes et une capacité de 34 personnes par cabine. Ce n’est pas tout: « L’installation va fonctionner quel que soit le vent, il y aura peu d’arrêts. C’est très important pour un transport urbain où la disponibilité est un enjeu majeur. »

Entre 7 000 et 8 000 usagers sont attendus par jour. Les 15 cabines de Téléo fonctionneront de 5 h 15 à minuit avec une vitesse de croisière de 20 km/h et une fréquence de 1 min 30 en heure de pointe.

Un maillon de la ceinture Sud

Le projet se chiffre à 82,4 M€ HT ou plutôt 101 M€ HT en intégrant la maintenance sur vingt ans (soit 121,5 M€ TTC). « Cela permet de sécuriser les années qui suivent et oblige celui qui construit à prendre sa responsabilité pour la suite », note Jean-Michel Lattes.

Le président de Tisséo Collectivités, qui vient également de prendre la présidence Tisséo Ingénierie, en charge de la maîtrise d’ouvrage des grands travaux, y voit bien plus qu’une desserte de 3 km: « C’est un maillon de la ceinture sud, qui pourrait aller du quartier de Montaudran (à l’est de Toulouse, où passera la future 3e ligne de métro) jusqu’à Colomiers. » Cette commune de l’ouest toulousain, la seconde du département en matière de population, sera accessible en bus Linéo.

Et d’ajouter: « L’idée est que les transports en commun soient moins en étoile autour de Toulouse mais plus en transversalité. » Avec la troisième ligne de métro au Nord et ce maillon Téléo au Sud, relié à « un système de bus rapides de type Linéo pour rejoindre les grandes villes du sud toulousain. »

Livraison par convois exceptionnels nocturnes

Impactés par le confinement et les problématiques d’approvisionnement qui en ont découlé, les travaux de Tisséo sont passés à la vitesse supérieure cet été. Trois des cinq pylônes sont debout. En partie pré-assemblés en usine, ces géants sont livrés de nuit, tronçon par tronçon. « Ils arrivent en bateau à Fos-sur-Mer et ils sont transvasés sur des convois exceptionnels pour être acheminés à Toulouse », explique Rémi Torres, conducteur de travaux Poma, en charge de la conception, de la réalisation et de la maintenance du téléphérique. Le levage de chaque pylône prend entre trois et quatre semaines. Puis vient la partie la plus sensible, les recouvrir de leur tête et déployer les branches de chaque côté.

Le chantier sur le site occupé de l’hôpital de Rangueil a été le plus contraint, par le manque de place, la situation géographique tout en haut de la colline et les contraintes du lieu imposant de limiter les vibrations, le bruit et même la poussière.

« En 2021, Toulouse sera la capitale des transports »

« Après avoir relevé les cinq pylônes, on va procéder à une phase encore plus spectaculaire, prévient Vincent Conan. On va dérouler les câbles par hélicoptère et par drone. »

« On espère que ce sera terminé en juin 2021, souligne Jean-Michel Lattes. Cet objectif est d’autant plus important qu’en 2021 Toulouse sera la capitale des transports. » Avec la tenue, en octobre, du congrès de l’UTP (l’Union des transports publics et ferroviaires) et du Gart (le Groupement des autorités responsables de transport). Ce rendez-vous de la mobilité est programmé au Meett, le tout nouveau parc des expositions et centre de conventions de la métropole.

Auteur

  • C. P.
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