À Luxembourg ville, le tram se dessine comme une véritable colonne vertébrale pour désengorger la capitale et ses abords. Un investissement total qui avoisine les 600 millions d’euros, quand tous les tronçons seront réalisés, en 2023.
Devant la gare centrale de Luxembourg ville, une douzaine de quais de bus se côtoient. Il faut bien ça pour absorber le flux de voyageurs descendant du train ou arrivant de la gare routière mitoyenne, qui reçoit des lignes nationales et internationales. L’an prochain, la gare doit être desservie par le tram, qui reliera, à terme, 24 stations allant de l’aéroport, au nord-est de la capitale, à la Cloche d’Or, en périphérie sud.
L’idée était depuis longtemps dans les tuyaux: dès 2007, la société anonyme à capitaux publics Luxtram est pensée par l’État et la ville de Luxembourg pour porter le projet du tramway, « qui constitue une colonne vertébrale traversant la capitale du Grand-Duché et reliant les quartiers stratégiques, avec une dizaine de pôles de correspondance », explique André Von Der Marck, le directeur général de Luxtram.
Le choix s’est porté sur un modèle de la gamme Uubos du constructeur espagnol CAF. Ce tram traverse le centre-ville sans caténaire. « Nous avons fait le choix de la technique du biberonnage. Il y a dans le toit une batterie de grande capacité et à recharge rapide. » Dès que la rame arrive en station, de l’électricité lui est injectée à partir d’un troisième rail.
Autre exigence: son design, sa structure claire, ouverte sur l’extérieur, servie par des portes colorées et quelques œuvres d’art près de la voie. Sans oublier des prises USB entre les sièges. Le directeur rappelant l’importance de « la qualité du tramway pour le rendre attractif. Le transport public gagnera des passagers s’il est agréable, s’il a une belle offre, si son tracé correspond aux besoins des gens, s’il est confortable et sécurisant ».
Le premier tronçon, mis en service en septembre 2017, traverse le Kirchberg, le quartier des affaires. Avec son terminus actuel à Luxexpo, où un immeuble en construction abritera un parking de 450 places, une gare routière et des bureaux. À sept stations de là, le pôle d’échange multimodal Pfaffenthal-Kirchberg fait figure d’exemple: un funiculaire connecte une nouvelle gare ferroviaire et dessert le fond de la vallée. « Les usagers venant du nord du Luxembourg s’arrêtent désormais là, cela leur évite d’aller jusqu’à la gare centrale », explique le directeur. Et, en surface, se trouvent le tram, des bus et des vélos en partage.
Ce funiculaire accueille chaque jour plus de 5 000 personnes. En une minute, il assure la jonction entre l’arrêt ferroviaire Pfaffenthal-Kirchberg, en bas du Pont Rouge, et la plateforme du pôle d’échange située sur le plateau du Kirchberg, soit 200 m et un dénivelé de 40 m. Quatre cabines, sont réparties sur deux systèmes indépendants. Chacune peut accueillir un maximum de 168 passagers. Coût total du funiculaire et de la gare de Pfaffenthal-Kirchberg: 96,3 M€.
Partant de ce pôle d’échanges, un nouveau tronçon du tram a été ouvert enjuillet 2018, pour rejoindre la place de l’Étoile en centre-ville. « Là, il y a un autre pôle d’échanges avec les bus qui desservent la Belgique », précise André Von Der Marck. En 2020, le tracé doit être prolongé jusqu’à la gare centrale, véritable plaque tournante des transports. D’où tous ces travaux en centre-ville.
En 2023, viendra le tour de la partie sud, par où arrivent les frontaliers français. Avec un pôle de connexion bus à l’arrêt Lycée-Bonnevoie. « Puis il traversera le ban de Gasperich », où émerge une nouvelle zone économique attirant de grandes entreprises. Après la gare de Howald, nouveau pôle multimodal, le terminal se fera à la Cloche d’Or, avec un P+R et une autre jonction où s’arrêteront les bus venant du sud-ouest.
À l’autre bout de la ligne, deux arrêts doivent être rajoutés: Héienhaff où un parking relais de 4 500 places est en projet afin d’accueillir les frontaliers venant de l’Allemagne. Et au nord-est, le tram reliera l’aéroport de Luxembourg, son terminus.
Avec ses rames de 45 m, le tram peut transporter environ 150 000 passagers par jour. « Les quais mesurent 52 mètres; on a une marge de progression, annonce André Von Der Marck. On a prévu que les rames puissent être rallongées de deux modules jusqu’à une capacité de 500 personnes par rame. »
10 stations actuellement, partant du centre-ville et desservant le Kirchberg, le quartier des affaires;
24 stations prévues en 2023, sur un tracé de 16 km, qui reliera trois gares ferroviaires;
45 m de long pour chaque rame de tram;
420: capacité maximale de transport d’une rame de tram actuellement, soit environ 150 000 passagers par jour;
10 000 voyageurs par sens et par heure;
3 à 6 minutes de cadencement.
