À l’heure où la crise de la Covid-19 a amené les pouvoirs publics de nombreux pays à restreindre brutalement les possibilités de se déplacer, en allant jusqu’à recourir au confinement à domicile, la mobilité est réapparue aux yeux de tous comme un enjeu de première importance.
Cet enjeu est d’abord celui de la liberté, ainsi que la crise l’a mis en lumière de façon aussi brutale qu’éclatante. Cette dimension n’est sans doute pas étrangère au prix que nous lui attachons dans notre pays épris de liberté. Hier, celle-ci a été suspendue pour cas de force majeure. Aujourd’hui, la voilà restituée dans son principe aux citoyens, malgré des contraintes malheureusement nécessaires à l’heure actuelle, sous réserve que celles-ci demeurent à la fois supportables et équitables. Mais demain, malgré la fin de cette crise, sera-t-elle pour autant restaurée et garantie de façon durable?
Voilà bien l’un des défis majeurs du siècle qui débute à l’aune d’un autre enjeu, celui-là double: l’enjeu climatique et sanitaire, qui conditionnera de plus en plus largement notre mobilité à l’heure du réchauffement planétaire et du franchissement régulier du seuil d’alerte à la pollution aux particules fines dans les zones à forte densité. Face à la conjonction de ces enjeux, l’évolution de nos modes de transport s’avère plus que jamais une ardente obligation.
Autorités organisatrices de la mobilité régionale – et à ce titre d’une part importante des transports collectifs routiers interurbains –, les Régions sont aussi chargées d’organiser, en qualité de chef de file, les modalités de l’action commune des collectivités territoriales et de leurs établissements publics pour l’exercice des compétences relatives à l’aménagement, au développement durable du territoire, à la protection de la biodiversité, au climat, à la qualité de l’air, à l’énergie, aux mobilités – notamment à l’intermodalité –, à la complémentarité entre les modes de transports et à l’aménagement des gares. Ces compétences vastes et structurantes en font des acteurs de premier plan du transport en France, investis d’une responsabilité majeure dans l’adaptation de la mobilité au XXIe siècle.
Dans le cadre de Régions de France, les Régions se saisissent ensemble de cette responsabilité: le pré-accord de partenariat État-Régions, conclu le 30 juillet 2020, donne ainsi sa place aux mobilités dans la préfiguration des futurs contrats de plan État-Région 2021-2027, vecteurs d’investissements stratégiques à venir pour l’aménagement du territoire dans l’optique d’une relance « post-Covid ».
Depuis 2017, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur met quant à elle en œuvre le plan climat « Une COP d’avance », dont le premier axe – « Cap sur l’écomobilité » – inclut parmi ses objectifs le renouvellement et la mise aux normes environnementales du parc de matériel roulant ferroviaire et routier régional.
Après l’expérimentation en 2017 d’un autocar au biogaz sur 3 lignes, puis d’un autocar électrique, la Région Sud a fait évoluer en 2018 les modalités de sa commande publique dans le cadre du renouvellement de ses marchés de transport routier interurbain en introduisant des critères environnementaux. Depuis 2019, outre 2 lignes express régionales (LER) électriques, 3 lignes GNV circulent en Provence-Alpes-Côte d’Azur: 2 lignes entre Arles et Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) et 1 ligne entre Draguignan et Saint-Raphaël (Var), pour un total de 10 autocars GNV sur le réseau régional « Zou! ». La Région Sud poursuit parallèlement l’objectif de développer l’usage du GNV sur son territoire en contribuant au renforcement du réseau de stations GNV ouvertes au public, en partenariat avec les autres collectivités et les acteurs privés du secteur, conformément à sa stratégie « Décarboner la consommation énergétique du territoire de Provence-Alpes-Côte d’Azur » en déclinaison du plan climat « Une COP d’avance ».
Le GNV fait ainsi ses preuves de solution mature, adaptée au transport lourd et intensif, et immédiatement applicable en vue d’améliorer la qualité de l’air et de réduire les émissions de gaz à effet de serre, avec une baisse de 50 % dans le cas des oxydes d’azote, de 95 % dans celui des particules fines et même de 85 % dans celui du dioxyde de carbone grâce à l’usage de bioGNV – sans parler de la diminution de la pollution sonore!
Le surcoût des véhicules GNV est aujourd’hui absorbable compte tenu des avantages fiscaux et du coût de l’énergie comparativement au diesel, ce qui pourrait, si ces conditions perduraient, laisser entrevoir à plus long terme sa démocratisation, importante du point de vue du développement économique auquel pourrait contribuer cette technologie maîtrisée aux niveaux national et européen par des leaders mondiaux.
Avec les énergies faiblement carbonées et notamment le GNV, les Régions montrent la voie d’une transition énergétique vers un modèle plus sain et plus durable où liberté et mobilité rimeront plus que jamais.
