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Les croisières passent un cap

Elles représentent 7 % des voyages packagés vendus en France, et 8 % du chiffre d’affaires des agences de voyages. Depuis quelques années, les croisières forcent l’allure et alignent une flotte grandissante.

Présent à Marseille les 23 et 24 novembre derniers pour la 7e édition de Top Cruise, Georges Azouze, alors président de l’association France Ferries et Croisières et de Costa Croisières France, a le sentiment du devoir accompli: “Les armateurs ont réalisé d’importants efforts pour convaincre les agents de voyages de vendre de la croisière. Nous y sommes finalement arrivés. Un millier d’agences distribuaient ce type de produit en 1994. Elles sont 3 700 aujourd’hui”.

Il faut dire que ce marché représente une belle opportunité pour des professionnels du tourisme dont l’activité vacille en raison de l’explosion des ventes par internet et d’une actualité internationale incitant peu aux voyages. Le président du Snav, Georges Colson, reconnaît que “les croisières ont été trop longtemps ignorées des agences de voyages. Les armateurs ont dû forcer l’esprit des agents, mais aujourd’hui, ce produit est devenu essentiel à la santé économique des distributeurs”.

Les agences ont embarqué

D’où le succès d’opérations comme “le jour le plus long de la croisière”, organisé le 23 octobre dernier par France Ferries et Croisières. En mobilisant leurs forces de vente, les agences de voyages ont vendu en quelques heures 2 250 croisières, soit le double d’une journée classique. Pour 2008, France Ferries et Croisières renouvellera l’opération, mais cette fois sur deux jours (les 17 et 18 octobre) pour laisser le temps de la réflexion aux clients. Le Snav sera partenaire de cette prochaine édition, et les agences en ligne pourront aussi y participer .

Les distributeurs maîtrisent plus de 95 % des ventes de croisières, un chiffre que Georges Azouze ne voit pas baisser. “Nous avons fait beaucoup d’efforts pour intéresser ce canal de distribution et nous n’allons pas maintenant prendre le risque de nous en couper en vendant en direct”. D’autant plus que les réseaux de vente vont être fortement mis à contribution. Une trentaine de paquebots sont actuellement en construction, dont deux attendus chez Costa Croisières pour le printemps 2009 (le Pacifica et le Luminosa, soit 2 800 cabines supplémentaires). Ils augmenteront les capacités de la flotte mondiale de 30 %. Dix-neuf sortiront des chantiers dans les deux ans à venir.

La Méditerranée dans le sillage des Caraïbes

L’explosion du marché de la croisière se vérifie surtout en Méditerranée, qui gagne année après année des parts de marché sur les Caraïbes. Barcelone a ainsi doublé son trafic en trois ans, pour atteindre deux millions de passagers.

À plus petite échelle, Marseille fera de même entre 2007 et 2009, en passant de 400 000 à 800 000 passagers (voir l’encadré). La cité phocéenne draine 40 % des croisiéristes embarquant dans un port de l’Hexagone. “La Méditerranée reste une valeur sûre, choisie par 64 % des clients français”, souligne Georges Azouze. Ils sont 23 % à se rendre aux Caraïbes et dans le reste du monde, 13 % au nord de l’Europe.

Les croisières séduisent aussi bien une clientèle groupes qu’individuelle, qu’elle soit amatrice de voyages au long cours (on parle alors ici de croisière “destination”), ou qu’elle souhaite simplement se détendre, s’amuser et ainsi utiliser le navire comme un village de vacances. “Une famille de quatre personnes désirant passer une semaine aux Caraïbes paiera moins cher sur un bateau de croisière que dans un hôtel”, assure Georges Azouze.

Les groupes seniors et incentives y trouvent également leur compte, sur la base d’une offre de trois à quatre jours. Espace clos et sécurisé, un paquebot est en mesure de répondre aux besoins de clubs et d’associations, ou encore d’opérations événementielles. Les équipements et services disponibles à bord sont adaptés en conséquence. “Il est facile sur un navire de customiser les prestations, explique Georges Azouze. Nous pouvons facilement réserver un espace de salle à manger, adapter les menus, ou mettre en place des salles de réunion. Nos bateaux sont de véritables palais des congrès flottants”. Le grand boom de la croisière semble bel et bien proche.

François Weill le remplace depuis le début de cette année à la présidence de l’association France Ferries et Croisières. Elle rassemble 17 membres représentant 24 compagnies de croisières et de ferries.

UN MARCHÉ EN FORT DÉVELOPPEMENT

En 2006, plus de 15 millions de personnes dans le monde ont effectué une croisière. Près de 3,5 millions d’Européens ont navigué sur les mers, soit 23 % du total mondial (contre 17 % il y a dix ans). Aujourd’hui, les compagnies maritimes attirent 242 000 Français à bord de leur navire, dont 25 à 30 % sont constitués par une clientèle groupes. La croisière fluviale, elle, totalise 230 000 pax.

De leur côté, les navires ont augmenté leur capacité. En 1990, la croisière représentait 95 000 lits dans le monde contre 220 000 l’an passé. En 2009, l’offre passera à 275 000 lits. Fin 2005, 36 compagnies opéraient en Europe, dont 28 en France offrant une flotte de plus de 100 navires d’une capacité de près de 86 000 lits. D’ici 2013, il est prévu de mettre à flot une quarantaine de nouveaux bateaux, dont la capacité sera en moyenne de 2 500 passagers. France Ferries et Croisières attend entre cinq et six millions de passagers européens en 2014.

C.M.

3 questions à…
Frédéric Sauvadet, porte-parole de France Ferries et Croisières

– Comment se porte le marché de la croisière en France?

Il se porte bien, et progresse régulièrement depuis plusieurs années. En 2007, il a affiché une hausse de 4 %. En France, la croisière représente 7 % des forfaits touristiques vendus par les agences de voyages, et elle se développe selon deux grandes tendances: la croisière "resort" destinée à un tourisme de masse où le navire s’apparente à un espace de divertissement, et la croisière "destination", pour une clientèle plus haut de gamme dans le cadre de séjours longs et lointains.

– Comment expliquez-vous cette évolution?

La croisière est un produit qui s’est démocratisé. Il intéresse aujourd’hui tous les segments de clientèle. Les compagnies combinent sécurité, confort et sensations. Parallèlement, elles ont fait évoluer leur offre en l’adaptant aux différents besoins des clients. Elle s’est démultipliée et diversifiée: il y a de grandes et de petites unités, et des tarifs par jour qui vont de 150 à 600 euros. Les services et les activités proposés à bord constituent également des arguments forts pour séduire la clientèle. C’est aussi le seul produit combiné circuit terre et mer disponible en destination lointaine comme en départ de France.

Les agences de voyages sont-elles suffisamment formées à la vente du produit croisière?

Il y a depuis cinq ans maintenant une véritable prise en compte du produit par le réseau de distribution. France Ferries et Croisières organise chaque année un "roadshow" avec ses partenaires croisiéristes destiné à mieux faire connaître l’offre dans ce domaine. Nous faisons escale dans 10 à 15 villes françaises et rencontrons à chaque fois une trentaine d’agences. Ces opérations sont de plus en plus suivies. De leur côté, les compagnies se mobilisent en direct auprès des professionnels en envoyant sur le terrain leurs propres formateurs et commerciaux. Les agences de voyages disposent ainsi d’arguments de vente solides pour mieux convaincre leurs clients.

Propos recueillis par Catherine Mautalent

MARSEILLE PREND L’AIR DU LARGE

Pour le président de Costa Croisières France, Georges Azouze, "Marseille est actuellement le seul port français à contribuer au développement de la croisière en France". La cité phocéenne connaît en effet un second départ après une pause dans sa croissance de 2003 à 2005. L’an passé, 440 000 passagers (+ 15 % par rapport à 2006) ont franchi le port de Marseille, avec le concours de 30 opérateurs et de 53 navires qui ont choisi la ville pour y faire escale.

Parmi eux, 110 000 ont été comptabilisés en tête de ligne, représentant une hausse de 41 % par rapport à 2006. L’année 2008 sera de la même veine avec 344 escales programmées contre 291 en 2007 (440 sont annoncées pour l’an prochain). Saga Cruise, Royal Caribbean International, Costa, MSC Croisières, Croisifrance Louis Cruise, Princess Cruise, RCI ou encore la SNCM positionnent en 2008 à Marseille de nouvelles têtes de ligne ou augmentent leur nombre d’escales. Jacques Truau, président du club de la croisière Marseille Provence annonce "550 000 passagers en 2008 et plus de 800 000 en 2009". L’objectif du million de passagers, fixé pour 2011, sera peut-être dépassé dès 2010 car, pour la première fois, en 2009, Marseille accueillera des croisières toute l’année, alors que la saison dure actuellement huit mois. De plus, le port autonome a lancé un appel d’offres pour confier sur une durée de 25 ans à un opérateur de croisières le môle Léon Gouret et la gare maritime Marseille Provence Cruise Center. Le concessionnaire, dont le nom sera connu ce mois-ci, devra garantir un trafic d’au minimum un million de pax. "L’allongement des quais permettra de traiter quatre grands navires en simultané”, relève le président du port autonome Christian Garin. Plus de 20 millions d’euros ont déjà été investis ces dernières années dans des infrastructures dédiées à la croisière. La mairie de Marseille veut aller encore plus loin avec le projet de construction d’une nouvelle digue pour un coût de 250 à 500 millions d’euros, qui permettrait de créer à La Joliette un avant port capable de traiter les plus grands paquebots de croisière, avec un accès direct au centre ville.

G. T.

Auteur

  • Gérard Tur
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