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Les vélos en free-floating, plébiscités pour les déplacements loisirs

Apparus à l’automne 2017, les vélos partagés sans stations ni bornes d’attaches ont essaimé dans Paris et ses environs. L’Ademe a étudié le profil type de leur utilisateur, majoritairement des jeunes cadres de sexe masculin âgés de moins de 35 ans, attirés par des trajets de porte à porte pour des transports surtout liés aux loisirs.

Les vélos partagés sans station ni borne d’attaches appelés vélos en « free-floating », ont débarqué en masse à partir de l’automne 2017. Plus de 15 000 d’entre eux ont été déployés dans tout le pays, dont 8 000 à Paris. Cette nouvelle offre de mobilité a été plébiscitée par de nombreux utilisateurs parisiens. Un succès qui s’expliquerait par son caractère innovant et complémentaire aux autres modes de transport. C’est ce qui ressort de la dernière étude réalisée par le bureau de recherche 6 t, pour le compte de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Cette étude, qui a plus particulièrement porté sur les usagers parisiens, a été réalisée auprès de 2 450 utilisateurs d’Ofo et de Mobike à l’automne 2018, soit quelques semaines à peine avant les premiers déboires de ces sociétés. Cette période a également été marquée par le redémarrage difficile du Vélib’, ce qui a profité aux vélos en free-floating.

Le profil type du pédaleur urbain en free-floating est un homme (à 66 %), diplômé (60 % ont un Bac + 5 et plus) et plutôt jeune: 60 % des usagers ont moins de 35 ans, et seuls 5 % ont plus de 59 ans. Parmi les usagers travaillant ou recherchant un emploi, 68 % sont des cadres, un phénomène propre « aux nouveaux services de mobilité ». On compte également 20 % d’étudiants. D’après l’étude, 40 % des usagers de vélos en free-floating n’avaient jamais utilisé de vélos en libre-service (de type Vélib’) auparavant. « Les personnes qui ont un usage quotidien du vélo en free-floating sont celles qui utilisaient le moins un vélo personnel », soulignent ses auteurs.

Le porte à porte plébiscité

Les utilisateurs de vélos flottants ne sont pas forcément attirés par son aspect écologique, qui n’apparaît qu’en cinquième position dans la liste des raisons d’utilisation (cité par 29 % des utilisateurs). Le critère n° 1, plébiscité par 60 % des cyclistes, est la possibilité de réaliser un trajet « de porte à porte » et sans couture. Second critère, le gain de temps (53 %) suivi par l’indisponibilité du service Vélib’ (désormais en partie résorbée) et l’aspect bénéfique pour la santé (tous deux à 40 %). Fait intéressant, l’étude relève que 27 % des usagers ont réalisé leur dernier trajet en complémentarité avec un autre mode (à 73 % un transport en commun). Cette proportion est trois fois plus forte que la part des trajets des Franciliens réalisés à vélo s’inscrivant dans un trajet multimodal (9 %, chiffre de 2010).

L’utilisation de vélos en free-floating s’inscrit rarement dans une démarche quotidienne. Leurs usagers effectuent une moyenne de 4,8 locations par mois (contre 10 par mois pour des usagers du Vélib’), avec une durée moyenne de 21 minutes (32 minutes pour le Vélib’ en 2016). « Les destinations de loisirs sont surreprésentées, tandis qu’à l’inverse, les trajets domicile-travail sont plus rares », souligne l’étude. Ainsi, 36 % des déplacements ont lieu entre le domicile et un lieu de sortie ou le domicile d’un proche (par rapport à 18 % des trajets des Parisiens tous modes confondus et 22 % des trajets à vélo des Franciliens). À l’inverse, seuls 21 % des déplacements ont lieu entre le domicile et le lieu de travail (contre 38 % des trajets des Parisiens tous modes confondus et 25 % des trajets à vélo des Franciliens).

Une demande sur les déplacements les moins structurants

Selon 6 t, ces vélos en free-floating répondent ainsi « à une demande sur les déplacements les moins structurants et les plus diffus du quotidien, demande sur laquelle les services publics de mobilité ont souvent du mal à se positionner ». Il est probable que la nouvelle offre de trottinettes électriques en partage reprendra une bonne part des déplacements « loisirs ». Les déplacements type domicile-travail pourront être assurés par le renforcement de l’offre Vélib’ et l’arrivée d’une nouvelle offre de vélos flottants totalement électriques.

Auteur

  • Grégoire Hamon
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