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L’inconnu venu du froid

Autre découverte absolue de cette rencontre organisée par notre confrère Omnibusspiegel: le Finlandais Linkker. On sait hélas peu de chose du véhicule, les représentants de la marque, malgré leur bonne volonté évidente, ayant du mal à donner des informations précises sur leur dernier-né qui se situe à mi-chemin entre le bus urbain et le Low Entry.

Linkker est une marque inconnue en dehors de la Scandinavie. Cela n’enlève rien à l’intérêt de la découverte. Leur autobus urbain (classe I) est issu d’un développement du carrossier finlandais Kabus Ltd, et s’apparente par ses accès à un Low Entry de Classe II: porte avant unique, plancher surélevé à l’arrière et 3e porte avec accès au compartiment passager par 3 marches, tout ceci détonne sensiblement. Il se distingue également par sa longueur de 13 m, pas évident de conduire un tel engin dans les rues sinueuses ou encombrées de Bonn!

Un ovni à biberonner

Atypique, il l’est aussi par son mode de recharge: Linkker fait le postulat que pour préserver de la charge utile (et donc de la capacité en passagers), il faut réduire la masse des batteries. De fait, la puissance stockée est très faible (50 kWh maximum) et, même avec la récupération d’énergie à la décélération, le véhicule n’aurait pas pu faire les 7 tours prévus (et réalisés) par ses concurrents.

Il repose donc sur le biberonnage, une recharge est effectuée via le pantographe situé à l’avant. Les cellules sont fournies par Toshiba et les batteries lithium-oxyde de Titanate sont à refroidissement liquide.

Avec son ratelier surélevé, on a l’impression de voir un trolleybus dont les perches seraient montées… à l’avant! Le pantographe saillant est d’ailleurs fort générateur de turbulences, elles sont très perceptibles dans l’habitacle dès que l’on dépasse les 50 km/h.

Le confort est excellent, bien aidé par l’absence de poids sur le toit, garantissant une bonne répartition des masses. L’insonorisation est la meilleure du lot, avec le VDL. Mais il faut savoir qu’il a les renforts d’isolation thermique (double vitrage, isolants en pavillon associant polyuréthane et fibre de verre) qui ont aussi une influence favorable sur le bruit perçu à bord! L’éclairage intérieur est soigné avec des LED à intensité variable en fonction de la luminosité ambiante, elles sont à pleine puissance à l’ouverture des portes.

Le moteur Visego, assemblé en Finlande, du type à aimant permanent et courant continu, est monté en nez de pont. On demeure toutefois surpris par le comportement erratique des valves de nivellement de la suspension lors de l’ouverture des portes, elles rappellent quelque peu les Cristalis ETB 12 lyonnais! Autre détail rustique, l’épaisseur des portes Tamware aux massifs boulons apparents!

Fiche technique

Longueur: 13 m.

Largeur: 2,55 m.

Hauteur: NC.

Empattement: 6,75 m.

Capacité: 77 passagers (en 16 t de PTAC).

Masse en ordre de marche: 9 500 kg environ.

Moteur: Visego à aimant permanent et courant continu, 180 kW, 7 350 Nm de couple en crête.

Batteries embarquées: 50 kWh lithium-oxyde de Titanate à électrolyte liquide.

Liaisons au sol: essieux rigides AV et AR.

Freinage: de type coopératif à récupération d’énergie et pneumatique avec régulation ABS/EBS commandé au pied. Freins à disques AV et AR.

Au volant du Linkker

Compte tendu de l’autonomie limitée du Linkker, nous avons juste conduit en plaine. Il s’est révélé véloce sur le plat, mais ce ressenti est nettement moins vrai en côte où il peine à atteindre les 50 km/h après un démarrage en côte.

L’insonorisation est excellente, la meilleure du plateau, devançant même le très discret VDL! Le pédalier est par contre très désagréable et franchement fatiguant. La direction, bien assistée, souffre de deux défauts: en premier lieu un effet de clavetage désagréable ressenti au volant. De plus, l’empattement imposant de 6,75 m pénalise le rayon de braquage. S’il veut s’aventurer hors de Scandinavie, le Linkker doit s’adapter à nos vieilles villes d’Europe de l’Ouest aux rues étroites!

Autre surprise, qui nous ramène au Volvo 7900 Euro V: l’assistance de direction se coupe aux arrêts. Ne comptez pas réaligner vos roues une fois les portes ouvertes!

Le poste de conduite est avenant, et l’afficheur riche d’informations tout en restant intelligible. Les variations de hauteur lors de l’ouverture des portes sont lassantes, les valves de nivellement ayant quelque peu de mal à se coordonner. En roulage il est très agréable: au lever de pied il passe en roue libre, la récupération d’énergie pouvant se commander via un levier ralentisseur (retenue maximale de 25 %) ou au pied (récupération de 75 % de la puissance). Un excellent choix.

La longueur hors tout n’aide pas en ville, mais le constructeur a prévu une caméra de rétrovision. Son centre de gravité est l’un des meilleurs, et cela se ressent par un très bon contrôle du tangage. Mais le tarage très souple des amortisseurs a du mal à contrôler l’axe du roulis.

Auteur

  • Jean-Philippe Pastre
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