Avec Manéo "service proximité", le conseil général de la Manche teste la carte du TAD. Des taxis à tarifs doux pour désenclaver d’abord les habitants de quatre communes. Et peut-être, demain, des minibus si l’essai est concluant.
Dans la Manche, l’heure est encore à l’expérimentation. Il y a pourtant fort à parier que l’essai de TAD initié en avril dernier se transformera en solution durable dès 2008. “Les quatre tests menés sur les communes de Saint-Pierre-Église, Sainte-Mère-Église, Côte des Isles et Coutances, se montrent intéressants, se réjouit Éric Beaufils, vice-président du conseil général chargé des transports. Je n’ai pas encore de chiffres de fréquentation , mais le bouche à oreille est en train de fonctionner. Nous serons en mesure de tirer de véritables enseignements dans six mois”.
Pour l’heure, trois services marchent toutes les semaines. Ils permettent aux habitants exclus des lignes d’autocars traditionnelles du réseau départemental de rejoindre ces mêmes transports ou la gare d’un village voisin. “Ce n’est pas seulement un moyen de déplacement qui vous emmène vers un autre mode de transport. Il peut aussi être une connexion vers des équipements publics (la poste ou un hôpital) ou vers des marchés”, précise l’élu local. Le but est bien de combattre l’isolement des personnes qui vivent loin des centres et ne sont pas motorisées.
“Il y a plein de gens dans ce cas. Prenez le marais près de Sainte-Mère-Église. Il y a autour 26 petites communes ou hameaux faiblement peuplés et séparés par de très grands espaces. Il est difficile pour nous d’y faire passer des cars. Mais que fait-on des personnes qui ne peuvent pas ou plus se déplacer?”
Pour profiter du service, l’usager doit appeler la centrale de réservations la veille avant 16 h. “L’heure de départ est fixée lors de cette prise de rendez-vous. Elle pourra toutefois évoluer en fonction du nombre de personnes à aller chercher ou des lieux à desservir. C’est ce qui fait la différence avec un taxi traditionnel.” L’autre différence de taille, c’est le prix. En effet, l’utilisateur devra s’acquitter d’une somme forfaitaire de deux euros par voyage, quelle que soit la distance. “C’est le même prix que dans un car du réseau départemental, lequel est divisé en cinq zones. Le prix pour un déplacement sur deux zones est également de deux euros.”
Un montant attractif qui a de quoi séduire aussi bien les personnes âgées que les jeunes. Certaines rotations ont d’ailleurs été conçues pour que les adolescents puissent faire du sport le mercredi après-midi. “C’est une volonté du département de leur permettre d’accéder aux piscines ou terrains de sport. D’autres communautés de communes de la Manche suivront certainement cet exemple”. Les handicapés sont aussi visés. “Normalement tous les taxis qui circulent pour notre compte sont adaptés pour recevoir les personnes en fauteuil.”
À l’avenir, des minibus seront peut-être affrétés pour accueillir plus d’usagers. C’est du moins la volonté affichée par le vice-président du conseil général: “Évidemment, nous voudrions que cette initiative fasse tache d’huile dans le département et que d’autres communes s’associent à nous. Il sera alors temps de lancer de nouveaux appels d’offres”.
Une fois qu’il sera durablement implanté, le TAD pourrait susciter l’attention des autocaristes locaux. “Pour l’instant, ce sont les taxis qui effectuent les rotations. Je ne suis pas certain que les transporteurs puissent vraiment s’y intéresser. Cela reste un service assez marginal avec peu de kilométrage à la clé. Il y a évidemment une question de rentabilité pour eux. Laissons faire le temps, il ne faut pas aller trop vite.”
