Quel rapport entre le groupe de transport et logistique Gefco, l’école de commerce HEC, l’américain HP et le cabinet de conseil One point? Tous ont recours aux services de la start-up française Mobeelity afin d’optimiser les déplacements de leurs salariés à Paris et à proximité. La petite société fondée par Lucas Quinonero et François Rostker a commencé à commercialiser l’an dernier son assistant de mobilité de type MaaS. Il sert aux entreprises à gérer les déplacements de leurs collaborateurs, en mettant à leur disposition une palette de services de mobilité: transports en commun, VTC, covoiturage, mode doux… avec des tarifs négociés par la plateforme.
Ses opérateurs ont également passé des accords avec des start-up partenaires, à l’instar de Zoov, opérateur de vélo en libre-service. « Nous sommes en train de nous déployer dans 16 villes, la plupart en Île-de-France », précise Nadia Goupil, responsable chez Zoov des relations avec les villes et les entreprises. On est encore très loin de la force de frappe d’un Smove ou d’un JCDecaux, mais l’idée est de créer rapidement un écosystème de start-up qui doit renforcer chacun de ses membres.
La gamme de services Mobeelity ne sert pas uniquement aux trajets d’un point A à un point B. Par exemple, Gefco France, qui a récemment déménagé son siège de quelques kilomètres dans le secteur de La Défense, utilise l’outil dans un but bien spécifique. Il lui sert à optimiser la gestion de son parking, plus petit que le précédent. « L’application indique aux collaborateurs l’évolution du nombre de places disponibles en temps réel », détaille Lucas Quinonero. Quant à HEC, dont le campus, situé à Jouy-en-Josas, n’est pas bien desservi par les transports en commun, il s’agit pour l’école de réduire les coûts de déplacement pour ses salariés et ses étudiants (soit 5 000 licences) avec à la clé des émissions de CO2 en baisse. Comment? Avec des tarifs VTC à prix fixe, des navettes d’entreprise, du covoiturage et du vélo partagé. L’économie attendue pour HEC est conséquente: 100 000 euros par an. Un gain à mettre en rapport avec le coût de l’abonnement de 28 000 euros pour la première année, qui devait démarrer cet automne.
Pour Gefco, l’utilisation des applications de la start-up tournerait autour de 25 000 à 30 000 euros par an, un tarif qui est de l’ordre de 40 000 euros pour HP, fonction du type de services et du nombre d’utilisateurs dans l’entreprise. Pour One point, on tombe à 10 000 euros en moyenne.
Ce n’est pas terminé. « Nous avons des prospects avec des entreprises du CAC 40. Contrairement à d’autres acteurs, comme Citymapper, notre choix a été de cibler le marché des entreprises », explique Mobeelity. Autrement dit un modèle BtoB et des clients solvables. L’idée est d’intégrer dans l’assistant le forfait mobilité, dont le plafond vient d’être relevé de 400 à 500 euros. La petite société regarde également vers les collectivités. Elle est en discussion avec la mairie de Bagneux pour un usage interne, mais qui pourrait être élargi à la population de la commune. Et, bien sûr, les grandes AO et les opérateurs de transports font également partie des cibles.
