Lancée fin septembre, l’application mobile permet aux usagers d’accéder à tous les modes de déplacement disponibles dans l’agglomération alsacienne, à l’instar des bus et trams Solea et des voitures partagées Citiz.
« Il s’agit d’une première en France, mais aussi plus largement en Europe », s’enthousiasme Michèle Lutz, la maire de Mulhouse. Après quatre années d’élaboration, marquées notamment par une phase de tests menée ces derniers mois par une quarantaine de volontaires, le compte mobilité de l’agglomération haut-rhinoise est ouvert à la commercialisation depuis cette fin septembre. Disponible sur Androïd comme sur i-Phone, cette application mobile permet, après une inscription unique mais sans engagement, d’accéder à tous les modes de déplacement disponibles dans ladite agglomération. En l’occurrence: les bus et trams du réseau Solea, les vélos en libre-service Vélocité et les voitures partagées Citiz. Elle permet également l’accès à deux parkings pour le moment, puis à quatre autres à court terme. « Demain, nous pourrons même ajouter le stationnement et après-demain les TER, les taxis ou encore l’utilisation de bornes pour les voitures électriques », précise Fabian Jordan, le président de Mulhouse Alsace agglomération (M2A).
Si le compte mobilité « concourt à l’attractivité de Mulhouse », il vise surtout « à répondre à l’enjeu de développement des déplacements doux dans un esprit écoresponsable », insiste Michèle Lutz. « Il est à la fois une parfaite illustration du principe MaaS, comprendre Mobility as a Service, autant qu’une volonté de simplifier l’UX, ou expérience utilisateur, puisque l’usager attend aujourd’hui de l’instantanéité et n’a plus envie de payer des services qu’il n’a pas consommé. Avec cette application, il ne payera en fin de mois que ce qu’il a utilisé. » Histoire de maîtriser son budget d’ailleurs, le titulaire d’un compte peut accéder à un suivi conso en quelques clics et reçoit, après un mois de consommation, un récapitulatif détaillé de ses déplacements.
Cette application permet « de vivre la mobilité de façon plus personnalisée, autonome et connectée », poursuit Thierry Mallet, le pdg de Transdev, acteur majeur du projet par le biais de sa filiale Cityway, et ce, dès son démarrage en 2014. Et pour cause! L’opérateur ne cache pas son ambition de « développer partout des plates-formes permettant de composer son voyage, de l’acheter et d’accéder à l’offre ». Mais attention, insiste Thierry Mallet, celles-ci « n’ont un avenir que si elles sont portées par les collectivités locales » en leur qualité d’AOT. La raison? « Cela garantit à la fois l’usage des données collectées et permet de rassembler l’ensemble des partenaires autour de la table. » Outre ce rôle, M2A a par ailleurs assuré celui de cofinanceur du compte mobilité, en couvrant plus d’un tiers des 670 000 € nécessaires à sa concrétisation. Ses élus et les autres porteurs du projet espèrent séduire « 10 000 utilisateurs ou plus » sur les quelque 280 000 habitants et usagers quotidiens de l’agglomération mulhousienne. Le service est réservé aux personnes âgées de plus de 18 ans.
