Le SLF-120 Electric, dernier-né de la gamme Citea fait son entrée sur les réseaux opérés par Transdev, Hermès, Arriva, Stadwerke Münster, Byberg&Nordin ou KVB. Une première aussi pour les journalistes venus à Bonn, mais une version qui ne remet pas en cause les fondamentaux du modèle.
Hormis ses carénages et l’absence de bruit, difficile de distinguer le VDL Citea SLF-120 Electric de ses frères classiques. Il est à noter que le constructeur a développé une véritable gamme autour des autobus à batteries: cela commence avec le Citea LLE-99 Electric et culmine jusqu’au Citea SLFA-187 Electric articulé de 18,7 m de long!
VDL propose également deux chaînes de traction pour les autobus de classe standard: soit un classique moteur Siemens à courant continu de 650 V et aimant permanent de 153 kW, 2 500 Nm de couple en crête; soit deux moteurs-roues Ziehl-Abegg ZA-Wheel de 113 kW et 6 000 Nm en crête par moteur! En fait, l’exploitant devra déterminer ses besoins de puissance (et de récupération d’énergie) en fonction du tracé de la ligne: moteur unique en nez de pont pour des parcours faciles, ou bimotorisation pour les cas les plus sévères.
Autre personnalisation liée aux conditions d’exploitations: VDL propose une charge filaire nocturne (60 kW) ou en biberonnage par pantographe (d’origine Schunck, acceptant 240 kW). Les batteries chaudes Akasol de 122 kWh sont de type nickel-manganèse-cobalt à refroidissement liquide. VDL a pensé à créer un vrai véhicule zéro émission locale: le chauffage et la climatisation sont assurés par une pompe à chaleur Thermo King EDS700H.
Le Citea est toujours aussi soigné dans ses finitions et son aménagement, il offre également un très bon confort de marche pour les passagers à l’accélération. Mais dans les montées, il n’a pas forcément brillé, et y atteindre les 50 km/h exige de la patience. L’insonorisation est son atout maître, ce qui n’est pas neutre pour un autobus électrique. La charge sur le pavillon, due aux batteries, se fait toutefois quelque peu ressentir en termes de roulis, un phénomène dont ne sont pas affectés les autres modèles de la gamme.
Lors du parcours d’essai, nombre de passagers ont actionné le bouton de demande d’arrêt pour passager UFR, ce qui prouve qu’il y a une source de confusion. Problème: lorsque l’arrêt UFR est demandé, l’autobus passe en mode agenouillement et exige pour repartir l’ouverture de la rampe manuelle! Un détail ergonomique à revoir. L’intérieur est également très sombre et austère: visiblement on ne rigole pas dans les transports publics en Hollande!
Dommage que VDL Bus& Coach France ne commercialise pas ces véhicules urbains. L’offre du constructeur, très aboutie en termes de technique et de qualité de fabrication, pourrait y trouver de réels débouchés avant l’arrivée des majors.
Longueur: 12 m.
Largeur: 2,55 m.
Hauteur: 3,45 m (avec climatisation Thermo King EDS700H à pompe à chaleur).
Empattement: 5,85 m.
Capacité: 82 passagers (en 18 t + 1 t de PTAC).
Masse en ordre de marche: 12 675 kg environ.
Moteur: Siemens 1DB2016 à courant continu et aimant permanent, 153 kW continu, 2 500 Nm de couple en crête (option moteur-roue Ziehl-Abegg ZA Wheel bimoteur de 113 kW continu unitaire et 6 000 Nm de couple en crête).
Batteries embarquées: Akasol 122 kWh nickel-mangagnèse-cobalt, chaudes à électrolyte liquide; refroidissement par eau.
Liaisons au sol: roues indépendantes à l’avant (ZF RL 82), pont portique AR (ZF AV 132).
Freinage: de type coopératif à récupération d’énergie et pneumatique avec régulation ABS/EBS commandé au pied.aFreins à disques AV et AR.
Prendre le volant d’un VDL Citea SLF est un plaisir, tant cet autobus est facile à conduire.
Le poste de conduite est triste et austère, mais il est extrêmement spacieux, riche en espaces de rangement, et il ne génère aucune claustrophobie. Le pédalier déconcerte avec son articulation au plancher et sa cale, mais on s’y fait très vite.
La colonne de direction est la moins intrusive du lot. La direction réussit un sans-faute absolu, avec un rayon de braquage exceptionnellement bon. Tout au plus pourrait-on souhaiter une jante de volant un peu moins fine. L’afficheur de bord est spécifique, mais simple à interpréter. Au rayon des reproches, on déplorera un rétroviseur gauche sujet aux reflets et au montage déconcertant (le grand angle est juste là où l’on cherche des yeux le miroir principal).
Le silence à bord est extrêmement plaisant, magnifié par une finition exempte de tout grincement ou couinement. Le moteur conventionnel Siemens offre un réel confort acoustique, mais il pèche par sa mollesse lors des démarrages en côte.
La récupération d’énergie au freinage manque singulièrement de linéarité, il est dès lors difficile d’effectuer une décélération suivie d’un arrêt sans provoquer d’à-coups désagréables pour les passagers.
La suspension est douce et prévenante, mais quelques effets de tangage et de roulis apparaissent ici, en raison d’une répartition des masses moins favorable qu’à bord des Citea classiques.
S’il n’est pas glamour, c’est pourtant l’autobus que les chauffeurs vont aimer!
