Indigo Weel entend développer une offre multimodale urbaine, en s’appuyant sur le réseau de parkings gérés par sa maison-mère.
Paul Valencia. Nous sommes présents sur sept villes, Bordeaux, Toulouse, Grenoble, Lyon, Tours, Angers et Metz, et nous comptons nous déployer dans trois villes de plus d’ici quatre mois, dont une à l’étranger. Nous ne cherchons pas à aller vite, mais à nous développer de manière durable, avec une stratégie en trois points. Le premier privilégie la coopération avec les municipalités. Ainsi, pour le lancement de notre offre de scooters en free floating à Toulouse, nous avons pris en compte les inquiétudes de la mairie vis-à-vis de l’utilisation de l’espace public, en intégrant un système embarqué qui interdit de stationner les engins dans une partie du centre-ville: dans cette zone, le moteur ne peut être mis à l’arrêt. Le second volet de notre stratégie repose sur l’utilisation de nos parkings, qui permettent de résoudre tous les problèmes logistiques. Ainsi, ils servent de base-arrière pour recharger nos véhicules, grâce à des bornes dans lesquelles on insère et récupère les batteries.
Et c’est là qu’intervient notre dernière spécificité, qui consiste à n’utiliser qu’un seul type de batterie standard, utilisable sur tous nos véhicules. Le vélo électrique utilise une batterie, les scooters deux ou trois batteries, et nos voitures électriques devraient en utiliser cinq ou six à terme, car ce n’est pas encore le cas pour nos premiers prototypes. Car avec un seul type de batterie, nous facilitons la vie de nos clients.
P. V. Souvent, un des points de départ du MaaS consiste à vouloir supprimer la voiture individuelle, or nous avons une vision assez différente. Car la voiture individuelle reste parfois indispensable dans les zones périurbaines, notamment dans les villes où nous avons développé Indigo Weel. Ainsi, les offres de véhicules en free floating sont peu pertinentes dans les zones peu denses. Plutôt que de vouloir supprimer la voiture individuelle, nous préférons proposer un relais dans l’hyper-centre avec une offre de mobilité partagée.
P.V. En moyenne, un tiers de notre parc de vélo a été concerné par un acte de vandalisme au bout de six mois. Nous avons beaucoup travaillé avec les villes pour passer des messages auprès de la population. Depuis quelques mois, nous avons également introduit un nouveau modèle de vélo sur le marché, notamment à Tours et Angers, avec une structure renforcée, des roues en titane sans rayons et un cadenas beaucoup plus difficile à casser, car c’est souvent l’un des points faibles. Il s’agit de la septième version en un an, et nous l’améliorons régulièrement. Avec ce modèle, le vandalisme a fortement diminué, selon nos évaluations.
P.V. La mobilité est un facteur d’inclusion sociale, notre objectif serait de rendre le système pratiquement gratuit pour l’usager, ce qui revient à trouver des moyens de financement, même si ce principe de publicité n’a pas encore été déployé jusqu’à présent. Mais il existe d’autres idées. Par exemple: les utilisateurs qui prennent en charge le rechargement des batteries se voient offrir des trajets gratuits. Ainsi, nous pouvons leur signaler les emplacements des scooters dont les batteries ne sont plus qu’à 20 % d’autonomie, et s’ils s’engagent à les ramener à un parking pour changer de batterie, ce qui ne prend que 10 minutes, ils bénéficieront d’un parcours gratuit. Ce procédé est réservé aux utilisateurs aguerris, pour lesquels nous n’avons jamais relevé de problèmes.
