Un projet de transport urbain, c’est une véritable aventure. Donc, cela peut être un sujet de roman. C’est ce que l’Atelier tramway veut illustrer.
C est un lieu d’échanges entre les différents acteurs de la filière industrielle du tramway
L’objet de cette démarche de fiction est une sorte de serious game technico-littéraire, comme l’a qualifiée Roland Ries lors de la présentation de l’ouvrage à Lyon, le 1er octobre durant les Rencontres nationales du transport public. Elle vise à la fois à « mettre en lumière les contraintes associées à tout projet de mobilité urbaine par tramway, de proposer des pistes de réflexions concrètes et des solutions innovantes, tant juridiques, réglementaires que techniques. » Un ensemble synthétisé « dans un ouvrage rédigé sous la forme d’un roman destiné à une large diffusion. »
C’est l’histoire du tramway de Rosalban construit en moins de cinq ans par des élus et des techniciens passionnés, pour un coût de 14 M€ le kilomètre, d’où le titre du roman. Cette histoire pourrait être celle de n’importe quelle agglomération française engagée dans ce type de projet, tant les personnages et leur environnement peuvent sonner juste, depuis le directeur général des services Bernard Baroil, qui tient le projet à bout de bras, jusqu’au président de la communauté d’agglomération Jean-Dominique Leloup, en passant par l’ingénieur Jansen. Une véritable comédie humaine du tramway!
L’impression de réalité n’est pas fortuite, elle imprègne totalement le récit, nourrie notamment par des témoignages « comme celui d’Alain Chenard sur les conditions de la création du tramway de Nantes », explique Yvon Pull, délégué général de l’Atelier des Nouvelles Mobilités. Il s’agissait alors d’un « véritable saut vers l’inconnu », au moins en France. Cela a permis bon nombre d’audaces qui finalement se sont révélées payantes, puisque sans réglementation tatillonne, sans pesanteurs administratives parfois comiques voire ubuesques, la volonté politique au sens noble du terme a pu montrer ses qualités au service du transport public.
Comme le remarque Roland Ries, « nous sommes partis d’une réflexion sur les coûts du tramway de Nantes qui, actualisés, correspondraient à 18 M€ au kilomètre, rapportés au contexte actuel. Pourquoi aujourd’hui nous atteignons 25 M€, comme si ces coûts avaient pris du mauvais cholestérol? », et de se demander comment les « amaigrir ». Pour autant, aucune concession n’est faite sur les caractéristiques du tram à la française, qu’il s’agisse de la voie réservée ou de la rénovation urbaine de façade à façade.
Autant de concepts qui n’étaient pas évidents à mettre en musique, ou plutôt en pages, même si, comme l’explique l’auteure du roman Jeanne Bazard, « le problème ne vient pas de l’austérité du sujet mais de sa difficulté à être expliqué, et paradoxalement la forme romancée permet de faciliter cette explication. Il fallait toutefois articuler le récit au séquencement réel du projet, rythmé par la réglementation officielle, sans être trop didactique
Contact: www.atelierdutram.org
Jeanne Bazard, Quatorze millions d’euros, Atelier des Nouvelles Mobilités, 2015.
(1) Egis, Ingerop, Setec et Systra pour les études et la conception des réseaux; Alstom, Bombardier et NTL pour les matériels roulants et les systèmes; NGE, Eiffage, Eurovia, ETF et Colas pour le génie civil et les infrastructures; Transdev et Keolis pour l’exploitation commerciale.
(2) Cette démarche avait été adoptée par le Certu (Centre d’études sur les réseaux, les transports, l’urbanisme et les constructions publiques) au milieu des années 1970 dans la foulée du concours Cavaillé de 1975 qui portait sur le retour du tramway. Neufchâteau, un gros ouvrage didactique mettant en scène l’étude complète d’un réseau était destiné à expliquer cet ovni qu’était alors devenu le tramway en France.
« L’Atelier du tram vise à proposer des pistes de réflexions concrètes et des solutions innovantes, réglementaires, juridiques ou techniques. »
