Ce n’est pas un, mais de multiples enjeux qui animent la campagne municipale de Saint-Étienne. Mais il semblerait qu’un consensus se dégage autour de la nécessité de poursuivre des actions qui ont permis à la plus petite des grandes villes françaises de retrouver un dynamisme urbain.
L’élection municipale stéphanoise de 2020 s’inscrit incontestablement dans un nouveau contexte. Celui d’une ville qui ne perd plus d’habitants depuis 2014. Mieux, elle en a regagné 1,5 % depuis cette date, avec une population totale de 174 520 habitants. De plus, Saint-Étienne a tout récemment profité du prolongement de la ligne 3 de tramway. Au-delà de son apport pour la redynamisation du centre-ville, cette nouvelle infrastructure s’intègre dans le mouvement engagé en faveur du report modal.
En attendant que des décisions soient prises en faveur de la desserte du nouveau pôle commercial Steel, l’heure est donc à l’optimisation de l’offre de transport actuelle par la demi-douzaine de candidats qui se sont engagés dans la bataille pour les municipales 2020. Des thèmes reviennent toutefois souvent sur le devant de la scène comme l’insécurité et la gratuité dans les transports.
Candidat sortant, Gaël Perdriau (LR) entend faire de Saint-Étienne une ville toujours plus séduisante et facile à vivre. En prolongement des actions qu’il a déjà menées depuis 2014, malgré une baisse très substantielle des dotations de l’État (près de 80 millions d’euros en six ans), l’élu propose de nouvelles mesures propres à renforcer l’usage des transports en commun. La première d’entre elles vise à mettre en place un abonnement mensuel à 10 euros pour les moins de 12 ans, les étudiants, les personnes handicapées, les bénéficiaires de la CMU, les demandeurs d’emploi et les retraités de plus de 60 ans.
La seconde proposition forte est de poursuivre le renouvellement du parc de bus diesel afin de disposer d’un réseau 100 % décarboné à l’horizon 2030. Nul doute que cette mesure passera également par l’acquisition de trolleybus IMC supplémentaires, à un horizon restant à définir.
D’autres actions prévoient de mettre en place une tarification de stationnement spécifique pour les commerçants, d’améliorer la desserte des grands sites étudiants et de mettre en place la gratuité des Véliverts. Mais le maire sortant entend également répondre aux attentes des Stéphanois en matière de sécurité. Pour y parvenir, il propose la création d’une brigade de la police municipale dédiée exclusivement aux transports en commun.
Cette volonté de construire une ville du XXIe siècle fera face aux ambitions du socialiste Pierrick Courbon. Ce dernier a construit ses propositions autour de trois urgences: sociale, écologique et démocratique. Et pour cela, ce petit-fils d’un mineur de fond ligérien, présent au conseil municipal depuis 2014, fait de la gratuité des transports en commun l’une de ses mesures phares. Elle permettrait notamment d’agir pour le pouvoir d’achat des Stéphanois, leur faisant économiser près de 1 000 euros par an pour une famille de quatre personnes abonnées à la STAS, avance le candidat.
S’appuyant sur l’exemple de Dunkerque, où diverses enquêtes montrent que 31 % des usagers des bus déclarent venir et consommer plus souvent dans le centre-ville, Pierrick Courbon indique que cette mesure coûterait environ 25 millions d’euros par an en fonctionnement. Il propose donc à cette fin une clé de financement en trois tiers: un premier lié à des économies de fonctionnement sur le budget de la métropole, un second découlant de recettes nouvelles par le biais, en particulier, d’une augmentation du versement mobilité des entreprises, et un dernier concernant des choix politiques forts en matière de réduction de certaines dépenses d’investissement. Parmi ces dossiers figurerait l’abandon du projet d’autoroute A45 (liaison avec Lyon).
Au-delà du renforcement de l’offre du réseau de transports urbains (vitesse, fréquence, extension nocturne), Pierrick Courbon propose aussi d’accélérer le déploiement du « plan vélo métropolitain », avec la création de voies vertes. En sus de l’adoption d’un disque vert pour les véhicules propres et partagés, Pierrick Courbon veut également déployer un « plan vélo municipal ». Seulement 1,1 % des Stéphanois vont travailler à vélo, contre 16 % à Strasbourg! Enfin et entre autres mesures, il a prévu d’œuvrer au renforcement de la ligne SNCF Saint-Étienne-Lyon dans l’optique du développement d’un RER lyonnais.
Olivier Longeon (EELV) entend, pour sa part, développer les solutions à la crise écologique. Avec l’ambition de faire de Saint-Étienne une métropole zéro carbone en 2050, le candidat prône la création de lignes BHNS. Autre proposition forte, la ligne TER entre Saint-Étienne et la plaine du Forez devra être électrifiée. Avec le soutien de la Métropole, de la Région et du département, le conseiller municipal à Saint-Étienne prévoit, ainsi, d’installer un TER cadencé entre Andrézieux, Firminy, Saint-Étienne et Lyon. Chaque gare sera, par ailleurs, dotée d’un parc relais autos, motos, vélos et trottinettes. Il propose également de faciliter l’accès aux transports en commun par la mise en œuvre de gratuités sociales et d’autres organisées lors d’événements particuliers ou en anticipation de pics de pollution.
En marge de la création d’un « pass famille » et d’un « pass intermodal » à rechargement facilité pour toutes les mobilités, Olivier Longeon propose également la mise en place de deux voies rapides et indépendantes pour vélos sur les parcours Bellevue-La Terrasse, et Châteaucreux-Clapier.
Enfin, et suivant en cela des mesures déjà largement proposées dans d’autres villes de France, le quinquagénaire prévoit un élargissement de l’amplitude et des fréquences horaires des transports en commun.
