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Stéphane Schultz, fondateur du cabinet de conseil en stratégie et innovation 15 marches

« Certains opérateurs pourraient devenir “sous-traitants de fait” »

Bus&Car Connexion. Dans quelle mesure les opérateurs de transport sont-ils menacés par les acteurs numériques?

Stéphane Schultz. Pour le moment, les opérateurs traditionnels ne sont pas menacés frontalement par les acteurs numériques. Ces derniers ne répondent pas à des appels d’offres de DSP ou de concession. La concurrence a lieu de manière indirecte: si certains acteurs numériques proposent des services de transport (VTC, vélos, trottinettes…), c’est surtout à travers leurs solutions d’information, de guidage et de services au voyageur qu’ils s’imposent. Ces solutions contribuent à un « dégroupage » du parcours voyageur et donc de la chaîne de valeur. Le voyageur choisit la solution la plus efficace qui n’est plus nécessairement celle de L’opérateur.

BCC. Concrètement, quels sont les risques pour les opérateurs traditionnels?

S. S. Le risque est d’être contingenté dans leur métier de base: la partie uniquement « transport » de la chaîne de valeurs. Ces opérateurs pourraient à terme devenir « sous-traitants de fait » de l’entreprise qui gérera la relation à l’utilisateur final, comme cela existe par exemple dans l’hôtellerie avec Booking.com. Des élus pourraient aussi décider d’aller plus loin en substituant aux lignes régulières des services à la demande, plus efficaces et moins chers hors des zones denses. Pour le moment les procédures de mise en concurrence protègent les « sortants » contre un changement massif. La prise en charge de passagers sur l’espace public est également très réglementée, comme l’a montré le feuilleton « Uber contre les taxis » en 2016.

BCC. Que font les opérateurs traditionnels pour lutter?

S. S. Les opérateurs ont d’abord connu la concurrence dans leurs activités à l’étranger, sans pour autant s’y préparer en France. Lorsque celle-ci s’est manifestée, ils ont tenté d’y participer en prenant des parts dans certaines startups, mais sans réelle ambition. Leur situation n’était pas simple puisque, d’un côté, ils contestaient en justice le droit d’opérer à certains nouveaux entrants et, de l’autre, ils cherchaient à ne pas perdre pied sur ce marché. Le résultat est assez décevant: Navendis a fait faillite, et Keolis cherche à quitter LeCab. Surtout, on n’a pas assisté à une remise en cause du statu quo antérieur: à part quelques synergies çà et là, les VTC et les réseaux de transport s’ignorent toujours superbement.

BCC. Que leur conseilleriez-vous?

S. S. Je leur conseillerais tout d’abord de se concentrer sur leur cœur de métier. Faire en sorte que les transports collectifs soient plus fiables, plus simples et plus sûrs. Il y a encore beaucoup à faire notamment pour que les femmes puissent voyager en toute tranquillité. Ensuite, tous ces acteurs doivent apprendre à travailler ensemble. Plutôt que de s’ignorer ou se combattre, ils devraient définir ensemble un cadre contractuel et fonctionnel dans lequel le voyageur se voit proposer le meilleur moyen de déplacement au bon moment. La technologie existe, les acteurs aussi: il ne manque que la volonté et l’imagination pour avancer.

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