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Top 200: un album de famille aux contours mouvants

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Top 200: un album de famille aux contours mouvants

Crédit photo S.G.

Comme chaque année, cette nouvelle édition du classement des 200 PME du transport routier de voyageurs donne une image plus ou moins nette du secteur. S’il ne peut prétendre à l’exhaustivité, cet exercice permet toutefois de dégager des tendances. Chacun pourra se comparer aux résultats moyens de la profession, établis par l’Institut Xerfi pour Bus&Car Connexion.

Depuis la loi sur la simplification de la vie des entreprises, qui a mis fin à l’obligation de publication des comptes, nombreux sont ceux qui préfèrent ne pas apparaître. Nous comprenons et respectons ces décisions. Il est vrai que les résultats peuvent fournir de précieuses informations stratégiques aux concurrents potentiels, ou dévoiler de façon trop crue la situation d’une société.

Alors que la concurrence s’intensifie, dans un paysage institutionnel et réglementaire en pleine mutation, les professionnels du transport se trouvent confrontés à un environnement qui peut paraître anxiogène, et la prudence s’impose. Ce souci de discrétion obère bien évidemment l’exhaustivité de notre Top 200. Une fois de plus, le classement des 200 PME du transport routier de voyageurs ne sera donc pas en mesure de satisfaire toutes les attentes. D’autre part, les modifications intervenues dans le haut du classement, avec notamment le rachat de Lacroix par le fonds Cube, induisent des évolutions « artificielles ». Les comptes consolidés de certaines des plus grosses entreprises, que nous avions obtenus l’an passé, ne nous sont pas parvenus cette année. Cela ne reflète pas les positions réelles des uns et des autres. Dans ces conditions, nous avons décidé de renoncer à faire apparaître le rang de l’année précédente: cette donnée ayant perdu sa pertinence.

La collecte des données a été effectuée avec l’institut Xerfi, spécialisé dans les études sectorielles. Le classement publié est établi à partir des résultats enregistrés au titre de l’exercice 2018, ou couvrant majoritairement l’année 2018.

Analyse sectorielle

Belle année pour les entreprises indépendantes du transport routier de voyageurs: l’activité du panel représentatif de sociétés ayant déposé leurs comptes auprès des greffes des tribunaux de commerce sur la période 2015-2018 a progressé de 4,8 % en 2018 à périmètre constant. Le rythme de croissance a eu tendance à s’accélérer, après déjà deux années de hausse relativement soutenue (+ 3,0 % en 2017 et + 2,6 % en 2016). Les acteurs du secteur ont ainsi profité de la fréquentation touristique, en particulier celle en provenance de l’étranger (+ 2,9 %), qui a atteint un niveau record pendant l’exercice (près de 90 millions en 2018).

Par ailleurs, les rémunérations versées par les autorités délégantes aux opérateurs locaux ont été augmentées pour tenir compte de l’inflation (+ 1,9 % pendant l’année) et de la forte hausse des prix du carburant. De fait, les contrats de délégation de service public (DSP) comprennent, dans la majorité des cas, des clauses d’indexation du gazole. Autre facteur de progression et non des moindres: le succès des services interurbains librement organisés (SLO), issus de la libéralisation des lignes longue distance par la loi « Macron », avec près de 9 millions de passagers en 2018, soit une hausse de 26 % du trafic sur un an. Les pics de demande ont été observés durant le 2e trimestre 2018 (+ 34,3 %), en raison des ponts de mai et des grèves SNCF. Les lignes d’autocars longue distance ont au total transporté 2,4 millions de passagers d’avril à juin, avec un taux de remplissage atteignant 61 %, un record depuis la libéralisation du secteur en 2015.

Érosion de la marge nette

Dans un contexte en apparence positif, la situation financière des entreprises indépendantes a en revanche été fragilisée ces dernières années. Le poids des autres achats et charges externes (AACE), qui ont représenté 35,4 % du chiffre d’affaires en 2018, n’a cessé d’augmenter sur moyenne période (+ 0,5 point sur un an, + 2,4 points depuis 2015), notamment avec la flambée des prix du gazole. En moyenne annuelle, les hausses tarifaires du gazole professionnel (indice CNR) ont en effet atteint 11,9 % en 2018, suivant globalement la tendance des cours du pétrole.

Malgré une légère rupture observée sur le dernier exercice, le poids des frais de personnel, premier poste de charges des entreprises du secteur, s’est également maintenu à haut niveau en 2018 (42,9 % du chiffre d’affaires en moyenne hors CICE, + 0,5 point par rapport à 2015). Cela suggère que les salaires ont progressé plus vite encore que l’activité en valeur sur la période. Plusieurs raisons à cela. D’une part, les opérateurs ont poursuivi leurs embauches, en particulier sur le segment des lignes longue distance, embauches destinées à accompagner une plus forte fréquentation. D’autre part, avec les pressions sur le recrutement, les sociétés doivent proposer des rémunérations attractives afin d’attirer des candidats et fidéliser leurs employés, au-delà des seuls minima conventionnels (+ 1,2 % de revalorisation des minima au 1er janvier 2018). Résultat: la marge nette de l’échantillon représentatif s’est tout juste stabilisée (2,7 %, une performance similaire à celle 2017), mais restant inférieure de près de 1 point à celle enregistrée trois ans auparavant (3,6 %).

Données clés

Un portrait-robot de la PME de transport interurbain de voyageurs a pu être établi, à partir des résultats publiés dans notre classement. Il reflète les données moyennes des entreprises du secteur.

Méthodologie et source: le modèle Mapsis, créé par Xerfi, est une analyse des comportements et des performances d’un ensemble de sociétés d’un même secteur ou d’une même profession. Il permet d’étudier un bilan et un compte de résultats représentatifs. Les entreprises retenues dans l’analyse sont celles ayant déposé leurs comptes sur l’ensemble de la période étudiée. La méthode exclut par construction les entités disparues ainsi que celles récemment créées.

Pour sélectionner les sociétés les plus pertinentes, Xerfi a développé des filtres statistiques qui comparent les données financières grâce à une succession d’analyses mathématiques en composantes principales. La projection des différentes entreprises sur les composantes principales permet de définir le noyau d’entreprises ayant des caractéristiques similaires, et d’écarter les sociétés présentant des résultats atypiques.

Auteur

  • S.G.
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