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Vedecom: trois projets phares pour un leader de la recherche

Véhicule autonome à contrôle centralisé, recharge par induction de batterie électrique et outil d’aide à la décision en mobilité. Et si les futurs champions de la mobilité ne se trouvaient pas pour une fois en Californie, mais à Versailles, où travaillent les chercheurs de l’institut Vedecom?

Sur le plateau de Versailles-Satory, l’institut Vedecom ambitionne, au travers de ses 23 projets de recherche, d’être un leader européen en matière d’innovation dans trois domaines de prédilection: l’électrification des véhicules, la délégation de conduite et la mobilité et l’énergie partagées. Dans ce cadre, l’institut de recherche développe des briques technologiques en couvrant l’ensemble du processus d’innovation, jusqu’à la démonstration et le prototypage industriel. La visite de la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a permis de mettre en lumière trois projets qui dessineront, à plus ou moins court terme, les nouvelles formes de la mobilité.

Autopilot, un véhicule à 97 % autonome

Dans le cadre du projet européen Autopilot, Vedecom travaille sur un démonstrateur de « course » en taxi autonome, associant deux technologies de pointe, l’automatisation de la conduite et la supervision avec contrôle centralisé. « Ce véhicule est autonome à 97 %. Il reste sous la supervision d’un opérateur pour les 3 % de cas où il ne saura pas gérer une situation tout seul, comme le fait de doubler un véhicule en panne ou de faire un demi-tour devant une gare. Dans ce cas, il faudra le feu vert de l’opérateur », détaille Nadège Faul, chef de projet infrastructure. Ces technologies sont actuellement déployées sur des Renault ZE dont le logo a été maquillé (de manière à ne pas froisser PSA, également partenaire du projet). En 2019, des tests seront effectués en ville avec une flotte de 10 Tweezy qui circuleront à travers un circuit passant par le château de Versailles, avec un stop devant la gare. « L’ensemble du parcours sera communicant, et couvert en intégralité par des caméras. Nous testerons aussi le poste de superviseur, qui s’apparente un peu à un rôle de contrôleur aérien. Ce sera l’occasion de savoir s’il faut lui affecter une zone géographique dédiée, ou bien un certain nombre de véhicules de bout en bout », souligne Nadège Faul.

Fabric, une recharge par induction en roulant

Vedecom est également engagé sur une démonstration dynamique de recharge par induction, dans le cadre d’un autre projet européen, Fabric. Un système de charge dynamique, sous la forme d’une piste de 100 mètres revêtue de plaques composites, permet de recharger deux Renault Kangoo ZE qui n’ont été que très légèrement modifiées. Ce projet de 9 millions d’euros, engagé il y a bientôt quatre ans, touche à sa fin. « Nous avons montré la faisabilité technique de cette solution. Les tests ont permis d’évaluer le fonctionnement et l’efficacité du transfert d’énergie aux véhicules, y compris l’identification et l’autorisation d’accès, l’accord de niveau de puissance entre la chaussée et le véhicule, la vitesse et l’alignement du véhicule par rapport à la piste », explique Stéphane Laporte, chef de projet Fabric. La prochaine étape consistera à tester la durabilité. « La piste de recharge par induction doit pouvoir être installée sous dix centimètres d’asphalte, sachant qu’une route a une durée de vie de 15 à 20 ans. Mais quand cette technologie sera mature, avec une projection vers 2030 minimum, ce système va révolutionner la circulation, de la même manière que l’électrification des lignes a profondément modifié l’économie ferroviaire. La recharge partielle des batteries permettra d’accroître l’autonomie tout en diminuant le poids des batteries embarquées », ajoute-t-il. Il faudra toutefois abaisser ou mutualiser le coût de cette solution, la piste de 100 mètres ayant coûté à elle seule 700 000 euros.

Altaïr, un outil d’aide à la décision mobilité

Destiné aux organisateurs de transport, le projet Altaïr, développé par Vedecom, est une application d’estimation des flux de mobilités sur un territoire, avec un spectre d’application extrêmement large. « Nous combinons de nombreuses sources, comme les données GPS des voitures recueillies auprès des opérateurs de téléphonie et d’info trafic, les Pass Navigo et les différents outils de billettique, en les couplant avec les indications Insee par CSP et des techniques d’apprentissage à base d’intelligence artificielle (Deep learning et machine learning) », explique Sali Kraiem, responsable du projet Altaïr. « En exploitant toutes ces sources de données numériques hétérogènes, Altaïr permet de fournir à moindre coût et dans un délai optimisé des informations détaillées sur la façon dont les gens se déplacent sur un territoire afin d’améliorer l’offre de transport. Le jour où une collectivité souhaite mettre en place une desserte du dernier kilomètre, nous pouvons lui dire précisément quel service sera le plus adapté en fonction des usagers et des types de déplacements », précise-t-il. L’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et le conseil départemental des Yvelines seront les premiers à en bénéficier.

Vedecom, un hub français de recherche coopérative

Créé en février 2014, l’Institut pour la transition énergétique (ITE) Vedecom a été fondé sur une collaboration inédite entre industriels de la filière automobile, aéronautique, opérateurs d’infrastructure et de service de l’écosystème de la mobilité, établissements de recherche académique, et de collectivités locales d’Île-de-France. Installé à Versailles (Yvelines), Vedecom a pour rôle d’être le chaînon manquant entre académiques et industriels. Dans le cadre des « Investissements d’avenir », Vedecom est subventionné à hauteur de 54 M€ pour une durée de huit ans. Au-delà de cette période, l’Institut a vocation à voler de ses propres ailes. Parmi les membres fondateurs, on retrouve les constructeurs et équipementiers PSA, Renault, Safran et Valeo. Vedecom compte 175 collaborateurs qui travaillent sur 23 projets de R& D (dont 8 européens), et a déjà déposé 21 brevets et deux logiciels.

Auteur

  • G. H.
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