Les « gilets jaunes » ont eu raison du péage urbain. Face au mécontentement de ceux « qui n’ont que la voiture pour aller travailler », le gouvernement a préféré retirer le dispositif du projet de Loi d’orientation sur les mobilités (LOM). Celui-ci prévoyait l’instauration d’un « tarif de congestion » afin de limiter la circulation automobile dans les centres urbains et de réduire les nuisances environnementales, à commencer par la pollution de l’air. Ce tarif avait été fixé à 5 € pour les grandes agglomérations de plus de 500 000 habitants (moins d’une dizaine en France, selon l’Insee), et à 2,50 € dans celles de plus de 100 000 habitants (environ une centaine). Pourtant, même sans « gilets jaunes », rares auraient été les municipalités à oser mettre en place une telle mesure, surtout à deux ans des municipales. Même la Ville de Paris, pourtant favorable à de fortes restrictions du trafic automobile, jugeait cette mesure « discriminatoire pour les ménages à faibles revenus ». Pour lutter contre la pollution de l’air, les collectivités préfèrent s’appuyer sur un autre dispositif qui, lui, figure toujours dans la LOM: les zones à faibles émissions (ZFE). D’ici 2020, une douzaine d’entre elles seront dotées d’un tel dispositif. L’occasion de faire le point en zoomant sur le cas de deux villes en Europe, Londres et Milan, qui n’ont pas eu peur d’instaurer ZFE et péage urbain, et dont le succès repose sur une amélioration de l’offre de transport public.
Gestion du trafic
