Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

À qui va l’argent du tourisme?

Même si le tourisme est créateur d’emplois, les autorités bénéficient forcément de cet apport de devises. Le visiteur averti peut toutefois éviter certains réseaux.

Visas ou cartes touristiques, taxes de sorties et change obligatoire constituent souvent une première source de devises pour les États recevant des visiteurs étrangers. Viennent ensuite les entrées sur les sites et dans les monuments, pas toujours réaffectées à leur entretien, la TVA et autres taxes payées par les professionnels du tourisme ainsi que les bénéfices des sociétés contrôlées par l’État.

En Birmanie, le secteur étatique concerne le transport ferroviaire, les ferries, certains hôtels ainsi que les compagnies aériennes Myanmar Airways et Myanmar International Airways. Des moyens de déplacement qui peuvent être évités si l’on choisit les transporteurs aériens privés et les trajets en bus.

À Cuba, le gouvernement tire également profit de tous les hôtels internationaux, des joint ventures dont il détient 51 % des parts, ainsi que du travail des employés de ces établissements. Selon plusieurs témoignages concordant, les sociétés étrangères partenaires les rémunérent au tarif occidental, mais ce salaire est versé à l’État qui ne rétrocède qu’une quinzaine d’euros par mois.

Au Tibet, les autorités ont instauré des droits d’entrée pour les monastères, "alors que la tradition veut que tout le monde puisse y pénétrer librement, déplore Wangpo Bashi. L’essentiel des recettes touristiques vont certes à des opérateurs privés, mais la majorité sont chinois, car les Tibétains manquent de qualification, de formation, d’équipements et de financements pour créer leur propre entreprise". Plus généralement, les prélèvements étatiques sont moindres là où l’économie est plus capitalistique. Le partage des revenus touristiques n’y est pas forcément plus équitable. "Dans les pays autoritaires, les structures touristiques sont souvent tenues par des proches du pouvoir", souligne Jean-François Rial.

En Tunisie, c’est par exemple un ami de Ben Ali qui a repris en partie la chaîne hôtelière Abu Nawas, tandis que la belle-famille du président possède les hôtels Kartago, la compagnie aérienne homonyme et un réseau d’agences de voyages.

En Birmanie, le gendre du chef de la junte est propriétaire des hôtels Myanmar Treasure et de la compagnie aérienne Air Bagan.

Ce qui amène certains TO à être particulièrement attentifs aux choix de leurs prestataires dans ces pays. "On se renseigne sur eux, on leur fait part de nos valeurs et par la suite, via les témoignages de nos clients, nous nous tenons informés de leur comportement vis-à-vis de la population et des conditions de travail des employés", explique Jean-François Rial. “On essaye de savoir qui sont les dirigeants, on les interroge sur leur parcours et on se renseigne auprès des accompagnateurs qui, eux, discutent avec les guides et les chauffeurs locaux, témoigne Franck Pothé de Terra Incognita. Mais il ne faut pas se leurrer, il y a toujours une part d’inconnu, et nous n’avons ni la capacité ni le droit de mener une véritable enquête.”

Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format