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Sandrine de Boras, Responsable innovation France, Transdev

« Aux Pays-Bas, les bus citoyens sont parfaitement intégrés au réseau global »

Nés dans les années 1970 aux Pays-Bas, les « Buurtbus » permettent de continuer à assurer un service de transport public tout en réduisant les coûts d’exploitation. Le fonctionnement des lignes repose sur des conducteurs bénévoles.

Bus&Car Connexion: Quelles expériences l’opérateur Transdev a-t-il des bus citoyens?

Sandrine de Boras: Transdev intervient essentiellement aux Pays-Bas, qui ont mis en place 200 lignes de bus citoyens depuis les années 1970, mais aussi en Allemagne, qui en possède 150. Aux Pays-Bas, quand une ligne n’est plus suffisamment fréquentée, une association de quartier peut se constituer pour en reprendre l’exploitation. Ce sont les « Buurtbus » ou bus citoyens. L’opérateur de transports publics est associé à ce service: Transdev fournit les minibus, assure la maintenance, l’entretien et l’approvisionnement du carburant et forme les conducteurs qui sont bénévoles. Nous jouons un rôle de tiers de confiance en « certifiant » les conducteurs, c’est-à-dire en garantissant qu’ils sont en capacité de conduire les gens sans risque. Nous assurons aussi la promotion et la communication de ces lignes citoyennes. Les « Buurtbus » sont parfaitement intégrés au réseau global, y compris au niveau tarifaire.

BCC: Aux-Pays-Bas, quel est le modèle de gouvernance de ces lignes?

S. B.: Les bus citoyens font partie de la réglementation nationale et sont à ce titre intégrés dans les délégations de services locales. Autrement dit, ils font partie du cahier des charges que doit suivre l’opérateur. Ce service s’inscrit dans le cadre d’une convention tripartite entre les collectivités territoriales, l’association et l’opérateur qui est rémunéré pour les missions réalisées. L’association reçoit une subvention de fonctionnement pour opérer le service. À noter que la ligne coûte au minimum deux fois moins cher qu’une ligne traditionnelle, les conducteurs étant bénévoles. Il faut compter 30 à 35 conducteurs pour une ligne, chacun assurant en moyenne une demi-journée tous les 15 jours.

BCC: Comment se caractérisent ces lignes citoyennes?

S. B.: Un certain nombre de critères doivent être respectés pour ne pas concurrencer le réseau régulier. Le service doit s’opérer sur un territoire périurbain ou rural. Il doit concerner au moins 1 000 habitants éloignés de plus de 1 500 mètres d’un arrêt du réseau de transport public et réaliser au moins 400 voyages par mois pendant trois mois sur la ligne concernée.

BCC: Envisagez-vous le déploiement de ce modèle en France?

S. B.: De nombreuses collectivités sont intéressées, notamment dans les secteurs Transdev Sud et Transdev Nouvelle-Aquitaine. Les bus citoyens permettraient de couvrir des zones peu ou pas desservies. Nous réfléchissons notamment à la manière d’accompagner les territoires pour mobiliser des associations et les pérenniser, voire les constituer. La réglementation française invite à la prudence quant au rôle que nous pouvons jouer dans ce service pour ne pas voir cette activité bénévole requalifiée en contrat de travail.

Auteur

  • Julie Rieg
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