Newsletter S'inscrire à notre newsletter

Magazine

Le tramway sur pneus est en bonne voie

Image

Le tramway sur pneus est en bonne voie

Crédit photo J.-F. B.

Même si un peu plus de la moitié de son tracé est achevée, la mise en service du premier transport en commun en site propre (TCSP) d’outre-mer ne se fera pas avant 2012 au moins. Le tram reliera la Pointe Simon à Fort-de-France et au Lamentin, sur un tracé en Y.

Ce projet est une des réponses aux problèmes causés par la concentration grandissante des emplois et par l’urbanisation autour de l’agglomération de Fort-de-France. Ici se regroupe en effet plus de la moitié de la population insulaire, environ 200 000 habitants, et pratiquement les deux tiers des emplois. Cette évolution a été en grande partie favorisée par la construction, au début des années 80, de la voie express reliant le Lamentin à Fort-de-France. Elle a facilité le transfert des populations aisées du centre ville vers des communes résidentielles un peu plus éloignées, renforçant ainsi la demande de transport. C’est donc logiquement sur cet axe que l’on rencontre les plus forts trafics, avec des chiffres qui n’ont plus rien à envier aux périphéries des grandes agglomérations métropolitaines.

Également en cause, l’équipement grandissant en véhicules des ménages. En 1990, 53 % d’entre eux avaient une voiture individuelle, en 1999, ce chiffre était de 64 %.

Aujourd’hui, le nombre d’immatriculations dans l’île croît à un rythme supérieur à 4 % par an. On y compte 190 000 voitures, et la barre des 200 000 devrait être franchie en 2010.

245 millions d’euros

Le projet de TCSP est né au début des années 2000 et a mené à la création du syndicat mixte du TCSP. Pour monter les dossiers de demande de financements, l’Union européenne souhaitait n’avoir qu’un seul interlocuteur.

Cet organisme réunit donc les trois collectivités concernées par la construction du tramway, à savoir le conseil régional, le conseil général et la communauté d’agglomération du Centre de la Martinique (Cacem). Le syndicat mixte a aussitôt délégué la maîtrise d’ouvrage, pour les études et les travaux, aux trois collectivités concernées, chacune devant gérer une ou plusieurs des cinq sections du chantier, selon un découpage géographique.

L’enveloppe de financement s’est progressivement envolée, passant de 179 millions d’euros lors des premières estimations, à plus de 245 millions aujourd’hui.

Un projet structurant

Chacun s’accorde à penser que l’une des principales causes de cette inflation réside dans les exigences supplémentaires justifiées par le projet de réhabilitation du centre ville de Fort-de-France.

Le tracé en Y du futur tramway présente donc deux lignes: la première, de la Pointe-Simon à Fort-de-France (Place Mahault), est longue de 9,8 kilomètres. Elle comprendra 12 stations intermédiaires pour un trajet de 19 minutes. Le terminus de la Place Mahault accueillera les lignes interurbaines en provenance du Nord, certaines lignes urbaines de la Cacem, ainsi qu’un parc relais de 130 places.

La seconde ligne partira de la Pointe- Simon pour rejoindre Carrère, soit 12,8 kilomètres, avec 14 stations intermédiaires, dont l’aéroport, et un trajet effectué en 26 minutes. Le terminus de Carrère accueillera les lignes interurbaines en provenance des communes du sud de l’île, ainsi qu’un parc relais de 500 places.

Une gare multimodale

Outre le TCSP, la gare multimodale de Pointe-Simon accueillera les lignes urbaines de la Cacem, les lignes interurbaines du Nord-Caraïbes, ainsi que les navettes maritimes. Le projet comprend également l’aménagement d’un atelier dépôt pour les opérations de maintenance des véhicules. Ces installations seront situées au nord-est de l’échangeur de l’aéroport, sur une superficie de deux hectares environ, idéalement placées entre les terminus de Place Mahault et de Carrère. Ce site comprendra la zone de garage proprement dite, une station service avec machine de lavage, l’atelier de maintenance des véhicules, un bâtiment d’exploitation. Les édfices font actuellement l’objet d’un concours de conception architecturale s’inscrivant dans un concept “haute qualité environnementale” (HQE), respectant les contraintes et les normes sismiques et anti-cycloniques.

Le choix du type de tramway, celui du matériel roulant et son achat ont été confiés au conseil régional. Au début du projet, il était question d’un bus articulé circulant sur le site propre. Aujourd’hui, cette option a été abandonnée au profit d’un tramway sur pneus, un système jugé plus souple que celui du tramway sur rail.

Pourquoi un tram sur pneus?

Cette technologie sera en particulier mieux adaptée aux conditions cycloniques auxquelles les Antilles sont régulièrement soumises, avec de forts vents et pluies. C’est donc ce mode qui a été jugé le plus apte à assurer la permanence et la régularité du service. Chaque rame aura une longueur inférieure à 24 mètres afin de respecter les normes du code de la route. Les décideurs insulaires semblent s’orienter vers une solution proche de celle qu’a retenue le réseau d’Eindhoven, en Hollande. Ces rames assureront un service à partir de 5 h du matin, jusqu’à 22 heures, avec un départ des terminus de Place Mahault et de Carrère, toutes les six minutes, correspondant ainsi sur le tronçon commun aux deux lignes, à une fréquence toutes les trois minutes en heure de pointe.

Les prolongements futurs

Avec un débit qui pourrait atteindre jusqu’à 3 000 passagers par heure, le TCSP sera un élément fort de l’évolution des transports en Martinique. Autour de lui devraient s’articuler de nouveaux modèles de fonctionnement. Alors qu’aujourd’hui, l’heure est au lancement des consultations par le syndicat mixte pour choisir l’exploitant du futur TCSP, d’autres projets sont en effet dans les cartons. Leur réalisation dépendra vraisemblablement de l’accueil que la population réservera à ce premier tramway. On envisagerait ainsi le prolongement futur des lignes actuellement en construction vers Schoelcher au nord, vers Robert au centre, et vers Rivière Salée au sud de l’île. Le tout pour un réseau qui pourrait dépasser à terme les 35 kilomètres.

Auteur

  • J.-F. B.
Div qui contient le message d'alerte

Envoyer l'article par mail

Mauvais format Mauvais format

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format

Div qui contient le message d'alerte

Contacter la rédaction

Mauvais format Texte obligatoire

Nombre de caractères restant à saisir :

captcha
Recopiez ci-dessous le texte apparaissant dans l'image
Mauvais format