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Infrastructures

Les gares du Grand Paris se dessinent aujourd’hui

Les 68 futures gares du Grand Paris Express sont de moins en moins virtuelles. Les grandes lignes de leur conception sont maintenant définies. Elles seront accessibles à tous, équipées de matériaux robustes et intelligents, dotées de services et bien intégrées à leur environnement extérieur.

Étape pour le Grand Paris Express. Après six ans de réflexions, d’études et d’enquêtes publiques, le coup d’envoi des travaux de génie civil a été lancé le 4 juin, sur l’emprise du chantier de la gare de Fort d’Issy-Vanves-Clamart, située sur la ligne 15 sud du futur métro automatique, la plus avancée des quatre nouvelles lignes du projet.

Référentiel commun

Le choix d’une station de métro comme lieu de démarrage du « chantier du siècle » n’est pas anodin. Il est emblématique de l’importance des gares dans le projet du Grand Paris. En plus des 200 km de nouvelles voies de métro automatique, ce ne sont en effet pas moins de 65 gares flambant neuf qui seront construites à l’horizon 2030 – et même 68, si l’on compte les futures gares de Colombes, La Garenne-Colombes et Rueil-Malmaison, programmées pour après 2030.

Ce chantier dans le chantier réunit, au sein de l’unité Gares créée en 2010 par la SGP (Société du Grand Paris), une équipe pluridisciplinaire composée d’ingénieurs, d’architectes, d’urbanistes et de designers, travaillant en étroite collaboration avec une trentaine de cabinets d’architectes et plusieurs entreprises spécialisées, dont la RATP pour la définition fonctionnelle des stations. Ce travail collaboratif et les retours d’expérience des réseaux étrangers, fruits de quatre années de travail, ont permis d’aboutir à un référentiel commun pour la conception des gares du Grand Paris. Ce référentiel est divisé en trois sous-ensembles: fonctionnalités, services et aménagements.

En termes de fonctionnalités, les équipes de la SGP ont travaillé en questionnant les usages sans chercher à imposer des solutions toutes faites. Un langage commun a été adopté pour faire de ces gares des espaces urbains et humains, des espaces « sensuels », comme les qualifie Jacques Ferrier, conseil en architecture du Grand Paris. « Les gares sont des espaces plus souvent subis que choisis. Ce sont aussi des établissements publics pratiqués et vécus au quotidien. Tous ces éléments nécessitent une sobriété d’architecture, afin d’accompagner et apaiser les usagers dans ces espaces stressants », analyse Valérie Vernet, responsable de l’unité Gares de la SGP.

Architecture fonctionnelle

Cette philosophie se traduit dans le choix des matériaux. « On demande aux architectes d’utiliser des matériaux performants et intelligents qui vont pouvoir encaisser le passage des flux, la résistance à l’usure, aux graffitis. Le cahier des charges est contraint en termes de performance, mais pour le reste, on laisse libre cours à l’imagination des concepteurs. En revanche, on réfléchit collectivement sur l’harmonisation du traitement des sols sur toutes les gares du Grand Paris. On cherche un matériau de référence, dans des tons de gris, ni trop clair ni trop foncé. On attend dans les gares des espaces plutôt clairs, où la lumière se reflète », détaille Valérie Vernet. L’infrastructure devra en outre être « plugable », afin de pouvoir fixer et enlever facilement tout type d’équipements (sièges, bornes d’achat) sans risque de détérioration.

Par ailleurs, pour fluidifier les parcours de la ville vers le train, et vice et versa, les gares du Grand Paris seront conçues selon les principes de l’accessibilité universelle, tenant compte des personnes à mobilité réduite, déficients visuels, cognitifs, etc. Différents systèmes de balisage sonore sont par exemple à l’étude pour faciliter l’orientation des malvoyants et des non-voyants. Toutes les personnes confrontées à un handicap pourront accéder à la gare grâce à des ascenseurs et à des escaliers mécaniques. « L’objectif est d’avoir la descente la plus simplifiée possible, sans avoir le sentiment de faire quinze allers-retours ou de descendre au centre de la terre. »

Comme un centre commercial

La présence de services sera un autre point fort des stations du futur métro automatique francilien. La gare du supermétro de demain ne sera pas un simple embarcadère. Elle sera conçue comme un équipement public local, avec des services pour aider les usagers dans leur vie quotidienne, aussi bien dans l’enceinte même de la gare que dans son environnement extérieur immédiat. « Dans toutes les gares, il y aura un espace marchand. L’objectif est d’avoir 25 000 à 35 000 m2 de surfaces commerciales, l’équivalent du centre du Millénaire à Aubervilliers », annonce Valérie Vernet. Changement d’époque oblige, le support publicitaire numérique remplacera définitivement le papier, et dans les années 2020, le colleur d’affiche subira le même sort que le poinçonneur des Lilas au début des années soixante-dix.

Immersion virtuelle à la Fabrique du métro

Fin 2016 à Saint-Ouen, dans la proche banlieue de la capitale, la Société du Grand Paris ouvrira la Fabrique du métro. Présenté comme un laboratoire d’innovation pédagogique à destination du grand public, ce lieu permettra d’explorer ce que pourrait être une gare idéale. À terme, il sera possible de plonger à l’intérieur des gares, dans le cadre d’une expérience immersive.

Auteur

  • Marie-Noëlle Frison
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