Le projet de recherche expérimentale Norm-Atis (Nouveaux standards pour développer des services de mobilité intelligents) regroupe des acteurs variés autour d’un idéal commun, celui de créer un outil d’aide à la décision des décideurs territoriaux dans le champ des mobilités. Il a été expérimenté sur les communautés d’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines et de Versailles Grand Parc de janvier 2014 à décembre 2017. Le partage de données descriptives du territoire et de données multimodales constitue une condition sine qua none de la réussite du projet.
Interrogés par le cabinet d’études Chronos au démarrage du projet, Versailles Grand Parc et Saint-Quentin-en-Yvelines font état de la nécessité de décloisonner les modes de transport et de penser l’offre de mobilité comme un système intégré. Ils font le constat du coût conséquent des enquêtes menées traditionnellement et du besoin de connaître l’évolution des pratiques de mobilité de leurs habitants et des personnes qui viennent sur leur territoire. La difficulté d’accès à certaines données est également soulignée comme une problématique à résoudre.
Dans le cadre de Norm-Atis, les partenaires ont rassemblé des sources hétérogènes. Parmi elles:
les données issues des enquêtes réalisées sur le territoire (enquêtes ménages déplacements, origines-destinations…),
les données de l’enquête globale transport fournies par l’autorité organisatrice de mobilité Île-de-France Mobilités,
les données SIG (Système d’information géographique),
les flux de déplacements automobiles issus de la plateforme V-Traffic de Mediamobile,
Les montées dans les bus de l’opérateur Cars d’Orsay, filiale de Transdev,
et les données de déplacements anonymisées collectées par le réseau mobile Orange.
Tout l’enjeu consiste à faire dialoguer ces données, soit de trouver des points communs géographiques et temporels, puis à développer des algorithmes pour identifier les déplacements redondants et pour affiner les résultats. « Parmi les indicateurs identifiés comme particulièrement intéressants, une hiérarchie d’efficacité a été réalisée selon un double critère pertinence/réalisabilité. À l’UTBM, nous avons utilisé ce critère pour répondre à plus de 20 indicateurs, construits à partir d’environ 250 gigaoctets de données », déclare Laurent Moalic, chercheur à l’UTBM. En quantité, cela équivaut à 12 500 000 mails, à 4 500 heures de musique ou à 208 heures de vidéos haute définition.
Aurige, expert de la normalisation, a travaillé à la normalisation du modèle établi en se basant sur les normes existantes: Transmodel pour les transports en commun et DATEX II pour les déplacements automobiles. Un référentiel de données de mobilité complet a été conçu, actuellement repris par le groupe de normalisation Transmodel.
Web Geo Services (logiciels cartographiques) a visualisé l’ensemble des données et des indicateurs sur une plateforme web mise à disposition des territoires. Une version simplifiée de cette plateforme est accessible au grand public à l’url suivant: http://preview.webgeoservices.com/ATEC/index.html. Guilhem Sanmarty, responsable d’études nouvelles mobilités chez Vedecom, présente la plateforme avec ces mots: « L’outil permet de caractériser la mobilité des individus de manière inédite par les modes de transports et de nombreux motifs de déplacement. Les déplacements des individus sont également caractérisés en volume avec un affichage de la balance migratoire selon l’heure de la journée. »
Trois évolutions sont attendues et en cours de réalisation:
1) l’affinement de l’échelle géographique au niveau de l’Iris, découpage infracommunal créé par l’Insee;
2) la distinction des différents modes de transport en commun et des alternatives à la voiture;
3) la capacité d’intégrer de nouvelles données au fur et à mesure grâce à des mécanismes d’apprentissage artificiel.
