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Le développement des véhicules électriques pèse sur les métaux rares

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Pas de problème avant 2030. Disposera-t-on suffisamment de cobalt, de tungstène voire même d’étain pour faire rouler tous les véhicules électriques ? Ces minerais figurent en tête des métaux dont l'approvisionnement pourrait devenir problématique, avec des incertitudes sur le futur des véhicules électriques et du stockage de l'énergie, selon des experts réunis la semaine dernière au Forum Mondial des Matériaux (WMF), organisé à Nancy. Patrick Koller, PDG de l'équipementier automobile Faurecia, considère que la moitié du marché automobile sera "électrifié" d'ici 2030, dont 13 % de véhicules purement électriques, tandis que la part du moteur thermique tombera de 95 % en 2017 à 52 % en 2030. Conséquences ? Une explosion de la demande de certains métaux utilisés dans les batteries, mais aussi les piles à combustibles des véhicules hydrogène, avec en premier lieu le cobalt et le nickel. Mais "jusqu'en 2030, les matières premières ne seront pas un problème pour l'électrification" des véhicules, assure M. Koller. Réserves réduites. Le cobalt figure toutefois au premier rang des métaux "critiques", dans l'étude menée conjointement par le WMF, le BRGM (Bureau des recherches géologiques et minières) et les cabinets Mc Kinsey et CRU Consulting, présentée le 28 juin. Ce minerai a été classé "rouge" sur une échelle qui passe du vert au rouge se basant sur six critères allant de l'estimation des réserves connues à la possibilité de substitution ou de recyclage du métal, et examinant aussi le "risque politique". Le besoin global pourrait devenir problématique dès 2025, sachant que la moitié de l'approvisionnement vient de la République démocratique du Congo, à l’instabilité politique notable, assortie de conditions d’exploitation parfois douteuses. D'autres sources restent envisageables, comme l'exploitation d'anciens déchets de mines de cuivre qui recèlent du cobalt. Deux autres métaux sont en première ligne de l'étude du WMF. Le tungstène, outre la dépendance vis-à-vis de la Chine, connaît de nouveaux usages "qui sont en train de se développer à grande vitesse en métallurgie pour des alliages extrêmement performants pour l'aéronautique et pour la fabrication additive (impression 3D)", selon le BRGM. L’étain souffre pour sa part d’un sous-investissement dans le développement de mines. G. H.

Auteur

  • Grégoire Hamon
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