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Mieux desservir les territoires touristiques

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Avec le retour des beaux jours et l’afflux de touristes, certains territoires, notamment sur le littoral, se trouvent confrontés à une délicate gestion des flux… et de la congestion routière. Des solutions existent pour remédier aux bouchons des plages, et redonner de l’air aussi bien aux vacanciers qu’aux habitants. En voici quelques exemples, de la côte languedocienne à l’île de Ré.

Station balnéaire développée à la fin des années 1960, à l’instar de La Grande Motte, pour répondre à l’essor du tourisme de masse, Cap-d'Agde fait le plein : chaque été, la population passe de 27 000 à 300 000 personnes. « Notre territoire totalise chaque année 15 millions de nuitées, c’est-à-dire davantage que la Tunisie », commente Christian Théron, vice-président de l’agglomération Hérault Méditerranée en charge des Transports. À lui seul, le village naturiste attire 44 000 personnes. La collectivité réunit quatre communes et 80 000 habitants, entre littoral et arrière-pays, puisqu’elle s’étend jusqu’à Pézenas, nettement moins dense. La demande se concentre sur les pôles attracteurs du littoral : Cap d’Agde, Le Grau-d’Agde (situé à l’embouchure de l’Hérault), et la ville d’Agde, desservie par le TGV. Les besoins de déplacements sont donc très divers : quatre des cinq lignes de transport à la demande du réseau desservent les alentours de Pézenas.

Le renouvellement de la délégation de service public, en mars dernier, a renforcé les objectifs précédemment fixés au délégataire, CarPostal, avec, en plus, une amélioration de la desserte nocturne. « Nous nous attachons à optimiser l’existant, à renforcer la lisibilité du réseau, et à mieux connecter l’offre aux arrivées des trains et TGV en gare », résume Rémi Duchamp, directeur de CarPostal Agde. Pour mieux assurer la régulation en période de forte affluence, donc de bouchons fréquents, les régulateurs/médiateurs vont se déplacer cette année à scooter, afin d’identifier les points de blocage et d’aider à trouver des solutions concrètes au plus vite. Par leur bonne connaissance du réseau, ils seront à même de donner des alternatives et de faire circuler l’information.

Pour attirer les touristes sur les lignes régulières, le réseau double ses fréquences l’été. Toutes les heures, les navettes estivales viennent s’intercaler entre les lignes régulières, elles aussi cadencées à l’heure, ce qui permet d’assurer un passage toutes les 30 minutes. Et pour mieux faire connaître l’offre de Cap’Bus, des présentations sont organisées dans les campings, et les informations sont relayées par l’office du tourisme intercommunal. Un réseau des dépositaires est également en cours de constitution, avec huit points de vente en plus de l’agence commerciale, située près de la gare d’Agde. Un stand mobile est d’ailleurs installé devant la gare pendant l’été. A quelques centaines de mètres de là, l’agence commerciale de Cap’Bus est le rendez-vous des touristes avisés, de plus en plus nombreux à se renseigner avant leur séjour sur les alternatives à la voiture. « Avec un ticket à un euro, nous avons voulu inciter les visiteurs à choisir le bus », assure Christian Théron.

Agde : Cap’Bus en chiffres

- 21 conducteurs dont 6 sur les lignes interurbaines

- 34 conducteurs en été

- 7 bus standard

- 2 cars interurbains

- 6 midibus

- 3 Renault Trafic adaptés au transport de personnes à mobilité réduite

- âge moyen du parc : 5 ans

Variations saisonnières

A 25 km de là, les eaux du canal royal de Sète scintillent au pied du mont Saint-Clair. De La Pointe-Courte, typique quartier de pêcheurs, au cimetière marin où repose Paul Valery, en passant par la plage chantée par Brassens et les lieux de tournages de quelques séries très populaires (Demain nous appartient, Candice Renoir), les raisons de visiter la ville ne manquent pas. S’y ajoutent quelques festivals de musique, le rassemblement de vieux gréements Esacle à Sète, organisé tous les deux ans en mars, et les traditionnelles joutes nautiques en été… « La fréquentation mensuelle du réseau passe de 190 000 voyageurs en moyenne à 260 000 en été », indique Lucie Netzer, responsable marketing, communication et qualité de CarPostal bassin de Thau, exploitant du réseau depuis l’automne 2015.

Et depuis le 1er janvier, le réseau dessert 14 communes au lieu de huit précédemment, en déployant cinq lignes supplémentaires autour de l’étang de Thau. La population desservie est ainsi passée de 95 000 à 125 000 habitants, et Thau Agglo Transport est devenu Sète Agglopôle Mobilité, doté de 49 véhicules. « Nous avons développé une offre à destination des curistes de Balaruc-les-Bains, avec des titres spécifiques de 21 jours, ce qui correspond à la durée d’un séjour. Nous proposons l’achat en ligne, et l’expédition des tickets à domicile », poursuit Lucie Netzer.

Les initiatives dédiées aux touristes sont là aussi bien en place : une véritable agence mobile sillonne marchés et campings, les hôtesses commerciales et les conducteurs sont formés à la pratique de l’anglais. Le réseau de dépositaires compte 38 points de vente : boulangeries, bureaux de tabac, supérettes d’été, campings…

Aux embouteillages provoqués par l’afflux de visiteurs, s’ajoutent les difficultés de circulation propres au plan de circulation sétois : « 60 % du réseau est en sens unique, du fait de l’étroitesse des rues, et les mouvements des ponts tournants doivent être intégrés aux plans de transports », précise Sammy Criado, ancien conducteur devenu contrôleur. La qualité de l’information voyageurs est donc particulièrement sensible : 30 bornes en temps réel sont installées aux principaux arrêts, les horaires en temps réel sont également disponibles sur le site internet du réseau, et des alertes SMS sont envoyées aux abonnés en cas de perturbation.

Pour améliorer encore le service rendu, « un projet de site propre avec priorité aux feux est à l’étude, entre le centre commercial de Balaruc et l’entrée de Sète », détaille Emmanuel Boivin, directeur de CarPostal Bassin de Thau. En fin d’année, un nouveau pôle bus sera aménagé à la gare SNCF, dont l’esplanade est actuellement en travaux. À terme, la construction d’un parc-relais y est également prévue, toujours dans l’objectif de désaturer le centre-ville et de favoriser le report vers les transports publics. La fréquentation du réseau s’est accrue de 7 % par an en 2016 et 2017. La hausse devrait atteindre 10 % en 2018. l

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  • La rédaction
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