Avec son maintien à Dunkerque, agglomération phare dans la gratuité, l’opérateur investit ce filon en anticipant la fin des billetteries dans d’autres réseaux après les municipales.
Sortant à Dunkerque, l’opérateur conserve jusqu’à 2024 les commandes du réseau de cette agglomération de quelque 200 000 habitants. Le 2 septembre, Transdev a en effet enchaîné sur un nouveau contrat de 5 ans pour piloter les bus gratuits du réseau DK’Bus. Un non-évènement, dans la mesure où il était le seul candidat: Keolis, RATP Dev ou tout autre opérateur étranger potentiel ayant jugé leurs chances trop faibles pour engager des frais dans la compétition. Cette continuité cache toutefois une petite évolution juridique, dans la mesure où la STDE, la filiale locale de Transdev, bénéficie désormais d’une DSP sous forme d’affermage, et non plus de régie intéressée, régime que le groupe estime plus intéressant pour lui.
Adoptée d’abord le week-end, puis généralisée en septembre 2018 lors de la précédente DSP, la gratuité entre donc dans sa vitesse de croisière dans la communauté la plus septentrionale de France. Elle a déjà produit un effet spectaculaire, avec depuis 2017 une hausse de 80 % de la fréquentation des bus qui irriguent les différentes communes de la Communauté urbaine de Dunkerque. Certes, avant cette révolution, le réseau a bénéficié d’investissements importants dont l’aménagement de certaines lignes pour des BHNS, mais la disparition des tickets et des valideurs a bel et bien été le principal moteur de l’arrivée d’un nouveau public dans les transports collectifs. L’autorité organisatrice (voir interview) et les élus qui la dirigent, comme le maire de Dunkerque, Patrice Vergriete, veulent démontrer qu’ils ont les moyens à long terme de financer le réseau tout en continuant à le développer, et donc à éviter la saturation des bus. Des innovations sont même envisagées, comme l’introduction de l’hydrogène.
Pour l’autorité organisatrice et l’opérateur, il a fallu faire évoluer les termes contractuels. La fréquentation, évaluée par des capteurs installés dans chaque bus, demeure un critère majeur à côté de la régularité, la propreté, etc. Transdev s’accommode donc de la gratuité dans les villes moyennes, que l’UTP voit d’un mauvais œil dans la mesure où elle bouscule le modèle économique des opérateurs. « Nous apprenons de cette expérience qui nous donne une certaine longueur d’avance, analyse la filiale de la Caisse des Dépôts. Keolis est réticent face à ce modèle et RATP Dev n’a pas d’expérience de gestion d’un réseau gratuit. Il est de toute façon difficile d’aller contre une tendance voulue par certains élus, poursuit-on chez l’opérateur. La gratuité sera un thème des municipales de 2020, et on peut parier que certaines AO voudront l’introduire dans les prochaines DSP. » Déjà, la ville de Calais, où Transdev est l’opérateur, a annoncé la couleur. Avant le basculement en 2020, elle a réalisé un test avec une semaine complète de gratuité du 14 au 22 septembre.
18 lignes de bus, dont la nouvelle ligne 15
2 lignes de nuit
2 services de transport a` la demande
1 offre dédiée aux transports scolaires
135 bus
300 conducteurs, couvrant environ 9,3 millions de km par an
