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La Réunion songe à la gratuité pour ses lignes interurbaines

En réponse au mouvement des Gilets jaunes, très suivi à La Réunion, le conseil régional annonce une réflexion sur la gratuité de son réseau interurbain.

Si la concertation n’a pas encore démarré, les discussions s’annoncent d’ores et déjà électriques. Fin février, le conseil régional a annoncé l’ouverture d’un « débat » au sujet de la gratuité des Cars jaunes, son réseau interurbain. Ce débat fait suite au mouvement des Gilets jaunes, qui a provoqué plusieurs semaines de blocages à La Réunion, où le président de Région, Didier Robert, cristallisait la colère d’une partie des manifestants, suite à une forte augmentation de la fiscalité régionale sur les carburants.

En début d’année, la Région Réunion annonçait un démarrage de la concertation « après les élections européennes », dans le but d’aboutir à une prise de décision « fin 2019, début 2020 ». Soit juste avant les municipales, où Didier Robert songe à se présenter sur la commune de Saint-Denis.

Le réseau régional est composé exclusivement de lignes interurbaines, confiées à un groupement de neuf transporteurs, le GIE Activ. Cette délégation de service publique, signée par le Département avant le transfert de compétences, a été récupérée par la Région, qui en conteste certains termes et cherche à la faire évoluer.

Piège politique?

Les relations, déjà tendues, entre la collectivité et les exploitants, se sont envenimées un peu plus avec l’annonce de ce débat. Récemment, les transporteurs ont réactivé leur syndicat en sommeil, l’antenne locale de la FNTV, pour faire valoir leurs intérêts. « Et on va les mettre où, ces passagers? Sur le toit? », tonne son président, Louis Carpaye, inquiet d’un afflux de fréquentation, alors que les bus sont déjà saturés aux heures de pointe.

En conflit ouvert avec la Région, Alix Galbois, président du Syndicat mixte des transports, abonde dans leur sens: « Rien n’est jamais gratuit, il faut toujours que quelqu’un paie. Soit l’usager, soit le contribuable à travers une augmentation de ses impôts. » Quant aux intercommunalités, qui n’ont pas les moyens d’appliquer la mesure sur leurs réseaux urbains, elles dénoncent un piège politique, qui vise à les rendre impopulaires auprès des usagers.

La Région s’en défend. Affichant une neutralité de façade dans ce débat, elle estime que la mesure permettrait de relancer les transports publics à La Réunion, un territoire de plus en plus saturé par les embouteillages, alors que la part modale du bus stagne. « Les chiffres montrent que la gratuité entraîne une hausse de fréquentation de l’ordre de 20 à 30 % sur les réseaux qui l’ont appliquée. Nous pensons que cette hausse peut être encore plus élevée à La Réunion », estime Fabienne Couapel-Sauret, conseillère régionale en charge des Transports. Reste que l’argumentation régionale bute sur un écueil de taille: la gratuité a surtout été expérimentée sur des réseaux urbains. Pour l’interurbain, tout reste à inventer.

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Auteur

  • Guillaume Kempf
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