Les participants aux 27es Rencontres nationales du transport public auront eu le privilège de découvrir la toute dernière nouveauté en date du réseau urbain nantais, à savoir les e-Busways. Nantes est ainsi la première ville européenne à mettre en service un bus 100 % électrique de 24 mètres.
Victime de son succès, la ligne 4 a vu sa fréquentation progresser régulièrement, pour atteindre 43 000 voyageurs par jour en 2018. Il s’avérait donc impératif pour Nantes Métropole d’accueillir un matériel plus capacitaire pour la desserte de cette ligne haute fréquence, assurée par 23 bus articulés alimentés au GNV. La métropole, qui a budgété plus de 43 millions d’euros pour l’équipement de la ligne, a choisi la solution du suisse Hess, présentée en 2016 dans une version 18 m à Genève. Contrairement au premier trolleybus articulé de 24 m présenté par Hess en 2003, l’e-Busway ne tire pas son électricité de la ligne aérienne de contact. Cette source d’énergie lui est, en effet, apportée grâce à des stations de recharge rapide TOSA (Trolleybus Optimisation Système Alimentation), développées en partenariat avec ABB. Ce sont au total dix postes de charge qui équipent la ligne 4: quatre au terminus Porte de Vertou, deux au terminus de Foch et deux (une par sens) aux stations Grèneraie et Beaulieu. Chaque station de charge comprend une sous-station électrique connectée au réseau HTA (Haute Tension) et reliée à un mat qui supporte le rail de connexion.
À l’approche d’une station de charge, un dispositif placé sur le toit de l’e-Busway détectera sa présence et prépositionnera le système de connexion associé. Le temps de connexion de ce bras guidé par laser sera d’une seconde pour 600 kW délivrés. Le temps de charge partielle aux arrêts intermédiaires sera compris entre 15 et 20 secondes, soit la durée moyenne pour faire descendre et monter les voyageurs.
Il faudra, au global, 4,5 à 5 minutes de temps de charge pour effectuer un aller-retour sur la ligne, soit 14 km au total. La durée de charge complète pour alimenter les batteries hautes performances implantées sur le toit de l’e-Busway sera donc beaucoup plus longue aux terminus de la ligne, mais ne générera pas de contrainte supplémentaire d’exploitation, les temps de battement actuels en terminus étant suffisants. Et lors du remisage du bus électrique au centre technique d’exploitation, le complément de charge s’effectuera de la même manière. La technologie TOSA fait aussi appel à un dispositif de recharge qui exploite, en partie, l’énergie dissipée durant les phases de freinage de l’e-Busway. L’électricité ainsi produite est ensuite utilisée pour aider le véhicule à redémarrer ou pour faire fonctionner ses équipements intérieurs comme l’éclairage. Le système permettra, au global, d’économiser 1 000 tonnes de CO2 par an.
Les utilisateurs nantais de l’e-Busway l’ont décrit comme un mini-tramway. Outre son accessibilité via quatre doubles portes, ils apprécient le compartiment arrière du véhicule offrant une vue panoramique sur l’environnement de la ligne, ainsi que l’éclairage des sièges et leur équipement avec des prises USB judicieusement placées. L’e-Busway est également équipé de six écrans d’information de grandes dimensions.
Chacun des 22 e-Busways peut transporter 150 voyageurs, soit 40 de plus que les anciens bus de 18 m. De quoi accompagner une nouvelle croissance de la ligne, dont le trafic attendu pourrait se situer aux alentours de 56 000 voyageurs quotidiens à l’horizon 2020.
La question de la réutilisation des Busways GNV, qui auront parcouru chacun plus de 500 000 km au moment de leur remplacement complet (prévu courant novembre 2019) ne se pose plus désormais. Ils serviront, en effet, à accompagner la transformation de la ligne Chronobus C5 en une nouvelle ligne de Busway, à compter du printemps 2020.
