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Olivier Le Grontec, directeur général de la Semitan

« Le réseau Tan a tout pour maintenir ses performances »

Alors que les missions de la Semitan viennent d’être renouvelées, son nouveau directeur détaille les projets de développement et d’investissements, ainsi que les objectifs en termes d’intermodalité. Olivier Le Grontec affiche toute sa confiance pour cette nouvelle étape.

Bus&Car Connexion. Vous avez succédé, il y a neuf mois, à Alain Boeswillwald. Comment avez-vous pris vos marques?

Olivier Le Grontec. Je savais, en prenant la direction de la Semitan, que j’avais à faire à un très beau réseau, innovant, très fréquenté et en forte croissance. Les 800 000 km d’offre supplémentaire qui ont été mis en œuvre pour cette année 2019 témoignent de la poursuite de cette progression.

Et les perspectives ouvertes par le programme de développement des transports urbains voté par la métropole en juin traduisent la ferme volonté de développer encore le réseau de façon significative: trois nouvelles lignes de tramway, une nouvelle ligne de Busway, deux centres Techniques et d’exploitation (CETEX), une nouvelle génération de rames de tramway… Et puis, bien sûr, la ligne de e-busway, avec ses 22 bus de 24 m 100 % électriques.

Le programme est très dense pour les années à venir, tant en termes d’exploitation que d’investissements, dont une part importante sera portée par la Semitan, mandatée par Nantes Métropole.

BCC: Quelles nouvelles actions doivent encore être conduites pour maintenir le réseau de la Semitan à la pointe des réseaux français?

O. L. G.: Avec ces projets de développement, je sais que le réseau Tan a tout pour maintenir ses performances et rester à la pointe des réseaux français. Cependant, pour réussir pleinement, il est nécessaire de s’appuyer aussi sur une amélioration continue de nos systèmes d’information, d’interactions avec les clients, qui passent notamment par nos outils digitaux. Et sur ce plan, les progressions sont, pour le moins, spectaculaires. Ainsi, Tan.fr a vu le nombre de visites progresser de 18 % en 2018 (à plus de 8 millions) tandis que le titre de transport dématérialisé mTicket a fait l’objet de 1 081 000 validations l’année passée. Cela marque une progression de 55 % par rapport à 2017.

Ces outils doivent nous permettre d’intégrer plus encore qu’on ne le fait les différents autres modes de mobilité alternatifs à la voiture solo, en proposant des solutions tous modes avec un paiement unique. C’est ce qu’on appelle le MaaS, une approche servicielle de la mobilité.

À la Semitan, nous allons intégrer le covoiturage dans notre offre: avec leur abonnement, les voyageurs pourront bénéficier de ce service aux mêmes conditions tarifaires que l’ensemble du réseau pour joindre les aires de la métropole peu ou mal desservies.

Il y a déjà des ponts entre les loueurs de voitures ou de vélo partagés et la Semitan, et nous comptons, à l’avenir, aboutir à des accords – et trouver les bons systèmes! – pour aller encore plus loin dans la fluidité des déplacements multimodes.

BCC: La Semitan déploie de nombreuses activités mandataires. Quelles en sont les réalisations les plus marquantes?

O. L. G.: La Semitan est, en effet, mandataire de l’autorité organisatrice pour les études liées aux investissements que ce soit pour les infrastructures ou les véhicules et maître d’ouvrage délégué pour les réalisations.

Parmi les dernières réalisations en date, on peut citer la rénovation des infrastructures de la ligne 1 du tramway, qui s’est accompagnée de la création de deux nouvelles stations, la réception de 15 bus Urbanway (GNV), la réalisation des études préliminaires d’infrastructures du projet Babinière (Phase 2 de la connexion ligne 1-ligne 2) et la prolongation de vie des matériels roulants, tant bus que tramways.

Reconnue pour son expertise, la Semitan est, par ailleurs, régulièrement sollicitée par des collectivités extérieures ou d’autres réseaux pour apporter diagnostics, conseils et formations. C’est dans ce cadre qu’elle a réalisé l’année passée une expertise technique et une assistance à la maintenance des tramways, ainsi qu’à la formation des équipes, des réseaux américains de Cincinatti et Denver. Toujours à l’étranger, nous avons apporté notre aide à la maintenance des tramways ainsi que l’assistance à l’organisation et à la mise en exploitation du réseau de Cuenca (Equateur).

Enfin, et pour ne citer que cet autre exemple, nous avons apporté une assistance à Transdev dans sa réponse à l’appel d’offres pour l’exploitation de la future ligne de tramway T9 – Paris-Orly dans les domaines techniques et d’exploitation.

Quid de la desserte des zones peu denses?

Au-delà de l’expérimentation sur le territoire métropolitain de deux navettes autonomes électriques d’une capacité de 15 personnes, la question de la desserte des zones peu denses reste plus que jamais ouverte. De nouvelles voies devront être explorées pour rabattre les voyageurs acceptant de délaisser leur voiture vers des axes parfaitement desservis en transport collectif. L’intensification du covoiturage semble constituer, sur ce point, une des réponses les plus aisées à mettre en œuvre.

La gratuité des transports s’invite dans les municipales de 2020

Le sujet de la gratuité des transports publics devrait constituer un des thèmes de campagne des élections municipales de 2020 (lire également en pages 58 à 72). La maire de Nantes, Johanna Rolland, a d’ores et déjà indiqué au travers d’une interview accordée à Ouest France « qu’une telle mesure représenterait 70 millions d’euros par an pour une ville comme Nantes. Ce n’est pas possible. »

Elle propose en revanche une gratuité des transports en commun limitée aux week-ends. La mesure, qui se matérialiserait par une baisse de 20 % environ du tarif pour tous les abonnés, « coûtera 15 millions d’euros. C’est un choix politique fort », poursuit l’élue, qui souhaite coupler « cette proposition avec des états généraux de la mobilité durable que je souhaite lancer dès la première année du nouveau mandat ».

Une telle mesure a déjà été mise en œuvre par deux fois en décembre 2018, en soutien aux commerçants du centre-ville de Nantes, qui avaient été impactés par les manifestations des Gilets jaunes.

La Semitan renouvelée pour sept ans

Créée le 2 janvier 1979, la Semitan (Société d’économie mixte des transports en commun de l’agglomération nantaise) a vu sa délégation de service public (DSP) pour l’exploitation du réseau de transports publics de voyageurs de l’agglomération nantaise prolongée pour une durée de sept ans à l’automne 2018. Nantes Métropole confirme, ainsi, son ambition de développer fortement le réseau:

+ 10 % de l’offre de service sur sept ans, soit + 400 000 km supplémentaires par an et plus de 32 millions de km sur le réseau TAN en 2025,

augmenter la fréquentation de + 13 % pour dépasser les 160 millions de voyages aux termes du contrat,

maintien à 25 % des services délégués.

La Semitan est une SEM qui possède dans son capital 65 % de capitaux publics (Nantes Métropole) et 35 % de capitaux privés (Transdev, banques, associations). Elle emploie actuellement 1 981 salariés dont 1 192 conducteurs.

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Auteur

  • Olivier Constant
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