Il aura fallu trois ans de négociations et la persévérance de Jacques Barrot, le commissaire européen aux transports, pour faire fléchir les États-Unis. Début mars, les deux parties sont parvenues à un accord dit de "ciel ouvert" pour organiser et libéraliser le trafic aérien transatlantique, soit 60 % du trafic mondial.
Cet accord devrait faciliter l’accès des compagnies européennes au marché américain très protégé.
Explications. Le projet conclu à Washington par les négociateurs des deux camps prévoit que les Américains pourront continuer à s’opposer à ce qu’une compagnie aérienne européenne détienne plus de 25 % des actions à droit de vote d’un transporteur aérien américain. C’est la principale concession faite par les Européens. En contrepartie, l’UE a obtenu que le gouvernement américain ne puisse plus plafonner à 49,9 % une participation européenne non attachée à des droits de vote.
Autre avancée: si une compagnie aérienne du Vieux Continent prend le contrôle d’un concurrent d’un pays tiers ayant conclu des accords aériens bilatéraux avec les États-Unis, ces avantages ne disparaîtront pas.
Last but not least, la "septième liberté": cet article de l’accord permettra des liaisons entre l’Europe et les États-Unis puis vers un pays tiers.
Concrètement, Air France pourra proposer une liaison Amsterdam/New-York/Mexico. Aujourd’hui, cette liaison vers Mexico n’était possible qu’au départ d’un aéroport français.
Si la plupart des compagnies européennes se félicitent de cet accord, d’autres comme British Airways sont menacées. En situation de quasi-monopole entre Londres-Heathrow et les États-Unis, BA a déjà vu le cours de ses actions chuter en Bourse à cause du projet d’accord de "ciel ouvert".
Il sera présenté le 22 mars aux ministres des Transports de l’UE. "En termes économiques, il représente un changement important, pouvant générer 12 milliards de dollars d’euros de retombées et créer 80 000 emplois", annonce Jacques Barrot dans un communiqué.
Washington a qualifié cet accord "d’historique".
