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La rentrée n’est pas un jeu d’enfants

Transport scolaire

Il n’y a pas que les professeurs. Les conducteurs de car préparent aussi la rentrée. Et, derrière eux, il y a des entreprises soucieuses de sécurité. C’est ce que la FNTV* des Pays de la Loire a souhaité démontrer le 29 août dernier.

OPÉRATION séduction dans le transport scolaire en région Pays de la Loire. Une entreprise dans chaque département, Mayenne, Sarthe, Vendée, Maine-et-Loire et Loire-Atlantique, a ouvert ses portes aux journalistes locaux pour qu’ils découvrent comment se préparait la rentrée scolaire au sein des entreprises de transport routier de voyageurs. “À cette période de l’année, nous voyons régulièrement des professeurs à la télévision. Jamais des transporteurs. Pourtant, Dieu sait si nous participons aussi à la rentrée!”, relève Patrick Groussin, président de la FNTV Pays de la Loire, qui a donc invité les médias.

Cette opération de promotion se voulait toute simple. Rendez-vous à 10 heures du matin. Puis, un tour d’autocar en reconnaissance d’un circuit scolaire, après une explication en salle du travail que représente la préparation de la rentrée scolaire pour l’entreprise. Aux Voyages Lefort à Ancenis, en Loire-Atlantique, les trois journalistes (Ouest-France, France Bleu et Bus & Car) ne se sont pas rendus jusqu’à la salle de réunion. Lancée à la cafétéria, la revue de détails des opérations de la rentrée s’est poursuivie sur place, avec l’indispensable digression sur: qui paie (le département), qui organise (le département et les AOT 2), qui inscrit les élèves (leurs parents, essentiellement sur internet), qui fait (le transporteur), qui connaît les effectifs (les écoles et les fameuses AOT 2), qui ajuste le nombre de cars (le transporteur en accord avec le département), qui transporte les élèves en ville (les mêmes transporteurs, parfois, par délégation, dans les villes). Le tout orchestré par Jean-Patrick Lefort, le p-dg, Philippe Thary, le directeur d’exploitation, et Claire Morille, la déléguée régionale de la FNTV. La complexité du métier est apparue très vite. “Message essentiel, nous avons voulu donner une idée du sérieux avec lequel les transporteurs s’occupent de sécurité. Notamment à travers le travail des conducteurs”, indique Claire Morille.

Une seconde activité à laquelle on pense trop peu

Nouveauté de cette rentrée, en Loire-Atlantique, les conducteurs portent un gilet orange fluorescent. Le même, en jaune, est obligatoire depuis plusieurs années pour les enfants et adolescents transportés. “Les conducteurs pourront désormais leur montrer l’exemple”, commente Philippe Thary, le directeur d’exploitation. Au-delà de cette actualité récente, le transporteur a surtout mis l’accent sur tout ce qui, dans son métier, touche à la sécurité: les cars (5,5 années d’âge en moyenne, ce qui est peu), leurs équipements toujours plus nombreux (ceintures de sécurité, éthylotests, pictogrammes lumineux), les arrêts (signalisés, inspectés tout au long de l’année, surveillés par les conducteurs), les horaires de conduite (selon les normes françaises plus sévères que les européennes et toujours plus coûteuses), les moyens de l’entreprise pour épauler le conducteur en matière de sécurité (téléphone, lampe électrique, gilet fluorescent, “mémento”, pense-bête sur toutes les questions techniques, des commandes du tableau de bord, aux numéros de téléphone d’urgence). Philippe Thary mettra pour sa part l’accent sur la formation des conducteurs: le permis et la FCO (formation continue obligatoire) tous les cinq ans. Leur prix: 5 000 à 6 000 euros pour cette formation de base (“un vrai diplôme”, insiste-t-il). Une dépense réduite grâce aux aides régionales ou départementales aux chômeurs. Philippe Thary parle du recrutement, toujours plus ardu. Des femmes toujours plus nombreuses dans le métier: 67 femmes pour 58 hommes aux Voyages Lefort. Du travail, forcement à temps partiel, et qui attire donc en priorité des femmes “en reprise d’activité après la naissance de leurs enfants”, des artisans, parfois des artistes (un chanteur d’opéra, il y a quelques années), des femmes de ménages, des auto-entrepreneurs à la recherche d’une seconde activité. Il évoque aussi le salaire, plutôt modeste, qui est de 10,04 euros brut de l’heure au minimum, et de 10,22 euros aux voyages Lefort. “Mais on ne pense pas assez souvent au transport scolaire comme seconde activité”, lance Jean-Patrick Lefort.

L’évolution des multiples difficultés du métier de conducteur est aussi rapidement abordée. “Ils sont durs les enfants dans les cars?”, interroge le journaliste de France Bleu.Les collégiens surtout, répond Philippe Thary, mais les femmes sont souvent meilleures dans le contact avec les enfants.

Transporter des enfants en car peut être valorisant

Quelques minutes plus tard, Sylvie Dodelin, conductrice-démonstratrice pour l’occasion, expliquera que les enfants ne sont pas tous des “monstres”. Les avoir sous sa responsabilité et assurer leur sécurité rend le métier valorisant, même si le salaire reste un problème pour rendre attirante la profession, mais que “quand on l’aime bien, on s’accroche”. De son côté, Jean-Patrick Lefort explique qu’il réinvestit tout ce qu’il gagne dans l’achat de cars neufs, “ce qui permet d’attirer des conducteurs de concurrents.” En reconnaissance, comme le feront tous les conducteurs, sur le circuit qu’elle assurera à la rentrée, Sylvie Dodelin, explique comment elle bloque la circulation aux arrêts, sur les petites routes pour laisser les enfants traverser en sécurité. Ou comment les cars Lefort évitent de traverser la RN 123 trop fréquentée et noyée dans le brouillard l’hiver pour ne pas être dangereuse. Cette simple demi-journée aura eu le mérite de mettre en lumière aux yeux du grand public quelques réalités d’un métier et d’un secteur d’activité.

Fédération nationale des transports de voyageurs

La rentrée sous un autre angle

L’idée a séduit les médias. "Parler de la rentrée avec les conducteurs de car, plutôt qu’encore une fois, avec les professeurs, c’était un angle original. L’idée est tombée à pic pour nos papiers de rentrée", raconte Caroline Venaille, journaliste à Ouest-France. Son article est passé dans la page Région, des Pays de la Loire. Romain Dezeque, de France Bleu Nantes a diffusé deux papiers dans l’édition du matin: l’un sur ce que représente concrètement la préparation d’une rentrée pour une entreprise de transport scolaire; l’autre sur la sécurité, avec les interviews de la conductrice et du responsable de l’exploitation. Pour lui, la vraie surprise a été de découvrir que les conducteurs ne travaillaient qu’à temps partiel: "On n’y pense pas. On se dit que ce sont des gens qui font ça tout le temps." Le journaliste a aussi été impressionné par les formations nécessaires: "J’en étais resté à une image plutôt négative du conducteur, venue de l’enfance, justement du fait que l’on ne respectait pas les règles dans les cars qui m’emmenaient à l’école." Son idée a sans doute définitivement changé.

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Auteur

  • Hubert Heulot
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