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L’appel de l’autopartage

Partenariat Par le biais d’un partenariat avec Mobizen, le loueur de voiture ADA, filiale du groupe G7, met un pied dans l’autopartage.

Une première expérience à laquelle il pourrait bien prendre goût.

Traditionnellement connu du grand public pour son réseau de 10 000 taxis déployés dans une centaine de villes, le groupe G7 revendique dix métiers structurés en trois pôles: la mobilité avec son offre de taxi, le stockage et la fonction support pour le développement de logiciels spécialisés ou la gestion de la relation client. Avec un chiffre d’affaires (CA) consolidé de 310 millions d’euros en 2012, G7 s’est structuré autour de dix filiales, dont ADA spécialisée dans la location de voiture de courte durée, rachetée en 1992. Et, c’est justement par le biais de cette dernière que l’autopartage est entré dans la bergerie.

Une conjoncture morose

Revendiquant un CA de 86 millions d’euros, 500 000 contrats de locations en 2012, ADA détient entre 10 et 15 % de parts de marché du secteur. Une proportion qui ne l’a pas davantage mise à l’abri que l’ensemble de la profession dont l’activité a ralenti de 8 % l’an dernier. Enregistrant une diminution de 11,3 % de son CA sur cette période, l’enseigne a riposté en adaptant son réseau: « Afin de maintenir une bonne rentabilité de nos franchisés, le parc de véhicules a été adapté à un rythme rapide, entraînant mécaniquement une baisse du chiffre d’affaires », exposait la filiale lors de la présentation de ses résultats financiers en mars dernier. Un recadrage qui a également impacté le nombre de points de vente passé de 450 à 433, « intégrant les fermetures de quelques agences malmenées par la conjoncture », atteste le loueur. Pour maintenir le cap, le mot d’ordre du conseil d’administration se résumait à trois priorités: conserver une grille tarifaire attractive, augmenter les revenus par location avec la monétisation de certaines options et poursuivre la stratégie de conquête en pérennisant les partenariats commerciaux et le développement de nouvelles sources de rémunération. D’où l’intérêt d’un partenariat comme celui signé pour cinq ans début juin avec l’autopartageur Mobizen. Donnant la possibilité aux clients de l’enseigne ADA d’avoir gratuitement accès à l’abonnement Mobizen pendant un an et aux habitués du service Mobizen de bénéficier de remises de 15 à 20 % chez le loueur, « il s’agit pour le moment d’un échange de visibilité de nos offres respectives », reconnaît Florent Pauzié, directeur marketing de ADA. À terme, ce galop d’essai pourrait bien prendre une autre tournure. « Nous discutons sur l’éventualité de proposer un service commun », confie Florent Pauzié.

Technique versus force de frappe

Rétrospectivement, ce rapprochement était dans les tuyaux depuis plusieurs années. Déjà approché par Veolia Transport à l’époque où Mobizen était dans son giron, le loueur ADA a de nouveau été sollicité par le Canadien Communauto qui l’a racheté en 2012. Entre-temps, le segment des nouvelles mobilités s’est enrichi. « Aujourd’hui, les usagers se voient proposer de nombreuses offres: location de voiture, covoiturage, autopartage, véhicule en libre-service, etc. Chacun de ces services coexiste de manière segmentée et les passerelles entre elles sont encore inexistantes », regrette Florent Pauzié. Si Mobizen, sa flotte de 150 voitures et ses 80 stations franciliennes ciblent des clients dont la durée d’utilisation n’excède pas 6 heures et dont le rayonnement moyen est compris entre 30 et 50 kilomètres, ADA surfe sur des déplacements d’une journée et demie à deux jours et plusieurs centaines de kilomètres. Pourtant, les deux acteurs partagent un vecteur commun: une clientèle résidant en centre-ville dont les besoins sont ponctuels. Pour le reste, Mobizen est arrivé avec sa technique là où ADA s’appuie sur la force de son réseau. Restait ensuite à s’accorder sur les conditions tarifaires afin de ne pas impacter les modèles économiques respectifs des deux partenaires. « Les remises proposées sur les utilitaires sont plus importantes en semaine car les disponibilités de nos parcs sur cette catégorie de véhicule sont plus importantes sur ces périodes », confie Florent Pauzié. Si l’objectif d’ADA est bien sûr d’attirer de nouveaux clients, c’est aussi son image de marque qui entre en jeu. « Nous réaffirmons ainsi que nous sommes des acteurs de la mobilité à part entière depuis 30 ans », défend Florent Pauzié.

Exit la trace directe

À l’instar de certains de ses confrères, ADA a donc choisi d’occuper le terrain de la location de très courte durée, mais ne compte pas pour autant céder aux sirènes de l’électrique. Alors, exit un éventuel partenariat avec Autolib’ dont la principale incompatibilité réside dans son fonctionnement « en trace directe, c’est-à-dire sans retour obligé du véhicule, ce qui témoigne d’un usage différent du nôtre, plus proche de celui des services de transport en commun ou des taxis », tranche Florent Pauzié. Autre frein au système Autolib’: le développement encore insuffisant de l’électrique, du moins en ce qui concerne l’autonomie des voitures et le nombre de bornes de recharge. À l’heure où certains confrères jouent la carte de la complémentarité avec les transports en commun, ADA n’entend pas surfer sur cette tendance. En cause: un modèle qui repose lui aussi sur des trajets « en trace directe », tranche Florent Pauzié.

L’autopartage en chiffres

14 opérateurs dans 50 villes

25 000 utilisateurs (hors Autolib’)

3 115 kilomètres en moyenne

32 % utilisent l’autopartage 2 à 3 fois par mois et 26,6 % une fois par mois

52,5 % d’autopartageurs sont abonnés aux transports en commun

Source: Enquête nationale sur l’autopartage – Bureau de recherche 6T. Janvier 2013.

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